Comment intégrer Sciences Po Lyon en 2ème année ?

Spread the love

Les Instituts d’Études Politiques du concours commun (Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg, Toulouse) ont supprimé le concours commun d’entrée en 2ème année récemment.

Sciences Po Lyon a créé depuis 2018 un concours spécifique pour intégrer l’IEP en deuxième année. Le concours s’intitule « concours sciences sociales » et ouvre 50 places pour de nouveaux étudiants.

Qui peut intégrer ce concours?

Le concours d’entrée en deuxième année est ouvert aux étudiants ayant 60 ECTS en fin d’année universitaire (Le concours se déroule en mars, vous devez avoir validé les 60 ects en juin).

Le public visé est essentiellement les étudiants ayant suivi un parcours en sciences sociales. Les cursus universitaires étant très variés, tous comme le nombre de disciplines rattachées aux sciences sociales, il peut convenir à un grand nombre de candidats :

  • Les élèves de classes préparatoires aux grandes écoles :
    • Hypokhâgne et khâgne : tous les élèves de classes préparatoires littéraires ont des matières liées aux sciences sociales (histoire et géographie pour les prépa littéraires A/L , histoire, géographie, économie et sociologie pour les classes préparatoires B/L lettres et sciences sociales).
    • Étudiants en classe préparatoire aux écoles de commerce (prépa ECE et ECS) : un enseignement en histoire économique, géographie et sociologie est proposé aux étudiants et sert de base pour réussir le concours sciences sociales.
  • Les élèves issus de cursus en sciences sociales en université. Il peut recouvrer les disciplines suivantes :

Quelles sont les épreuves et le programme?

Les modalités pratiques liées au concours « sciences sociales » sont décrites sur le site internet dédié.

Ce concours a une particularité intéressante. Il est en effet composé de deux épreuves axées autour d’un thème commun, et d’une épreuve de langue.

Deux épreuves sur le thème commun :

  • une épreuve sur ouvrage : le jury choisi un ouvrage en lien avec le thème retenu, que le candidat devra lire et étudier. L’épreuve consiste en 3 questions sur l’ouvrage et/ou le thème (et bien sur les liens entre l’ouvrage et la littérature en sciences sociales dédiée à ce thème). Cette épreuve dure 2 heures et a un coefficient 3.
  • Une épreuve de dissertation de sciences sociales sur le thème retenus. L’épreuve dure 3 heures et a également un coefficient 3.
  • Une épreuve de langue (compréhension écrite, synonymes, essai). L’épreuve dure 1h30 est a un coefficient 2.

Le thème retenu pour cette année est « pauvreté » et l’ouvrage à étudier est suivant :

(Léa Lima, Pauvres jeunes. Enquête au coeur de la politique sociale de jeunesse, Nîmes, Editions Champ social, coll. « Questions de société », 2016, 164 p., ISBN : 978-2-35371-921-1).

Vous pouvez trouver cet ouvrage ICI

Le concours aura lieu le 9 mars 2019.

Comment réussir le concours d’entrée en 2ème année? Nos conseils

1) Anticiper vos démarches et vos révisions

Le concours d’entrée en deuxième année ayant lieu en mars, les inscriptions doivent être finalisées en janvier ou février. Je vous conseille de noter dès à présent les dates (date de concours, date limite d’inscription) dans vos agendas afin de pouvoir anticiper au maximum les sujets liés à la logistique (réservation du logement et/ou des moyens de transports), à l’inscription au concours etc.

Autre point important, les concours d’entrée aux instituts d’études politiques attirent beaucoup de candidats, et la totalité d’entre eux va acheter l’ouvrage à étudier pour le concours. L’éditeur de l’ouvrage peut vite se retrouver en rupture de stock, surtout pour des ouvrages universitaires traditionnellement tirés à peu d’exemplaires. Je vous conseille également de commander au plus vite l’ouvrage afin d’éviter des délais engendrés par une rupture de stock, et pouvoir commencer la lecture.

Commander l’ouvrage dès à présent ICI.

2) S’efforcer d’adopter une approche pluri-disciplinaire

Même si les thèmes choisis par le jury peuvent avoir une dominante en terme de rattachement disciplinaire, il ne faut pas oublier que le concours s’intitule « sciences sociales ». Je vous invite donc à ne pas limiter vos révisions à une seule spécialité, même si elle semble particulièrement étudiée par une discipline en particulier. La richesse des sciences sociales réside en effet dans le croisement des approches et des angles de vue pour analyser un phénomène.

Par exemple, le thème « pauvreté » est a priori surtout étudié par la sociologie avec de nombreux ouvrages et études liées à ce sujet. Cependant, les autres disciplines des sciences sociales ont de nombreux éclairages à faire valoir sur ce sujet :

  • Économie : approches théorique de la pauvreté (marché du travail), analyse des inégalités (voir les travaux de Thomas Piketty par exemple)
  • Sciences politiques : analyse des politiques publiques à destination des pauvres, participation politiques des pauvres (voir les travaux de Daniel Gaxie sur le cens caché par exemple),
  • Géographie : répartition spatiale des pauvres, flux de population pauvres
  • Histoire : histoire de la pauvreté, de son acceptation par la société (étudier par exemple l’histoire des workhouses au Royaume-Uni).

Il est donc nécessaire de mixer les approches disciplinaires pour obtenir une note correcte. Pour vous distinguer et avoir une excellente note, appuyez-vous sur votre/vos spécialités en détaillant les approches sur lesquelles vous avez le plus de connaissances.

3) Ne pas limiter ses révisions aux thèmes abordés dans l’ouvrage choisi

Le fait que deux épreuves portent sur le même thème peut porter à confusion les candidats. Le livre porte généralement sur une partie, voire une sous-partie du thème étudié. Il faut donc éviter de se focaliser uniquement sur le thème de l’ouvrage mais le mettre en perspective de l’ensemble du thème étudié. Par exemple, sur le thème « pauvreté », le livre à étudier porte uniquement sur les pauvres jeunes et sur la politique sociale. Une préparation solide pour le concours nécessite de préparer le thème dans son ensemble et de ne pas se limiter aux aspects étudiés dans l’ouvrage.

Cela demande de considérer le thème comme étant un thème de culture générale ou de questions contemporaines. Je vous conseille sur ce point de partir de la feuille blanche pour planifier vos révisions sur ce thème.

4) Replacer l’ouvrage à étudier dans la littérature globale du thème

Les attendus pour un concours d’entrée en 2ème année ne sont pas les mêmes que pour un concours d’entrée en 1ere année. En particulier, le jury sera particulièrement attentif sur une épreuve sur ouvrage que le candidat puisse mettre en perspective l’ouvrage dans les grands enjeux et débats théoriques et pratiques du thème étudié.

Dans ce cadre, il me semble important de réfléchir aux éléments suivants lors de votre lecture :

  • Quels sont la/les contributions de cet ouvrage au thème étudiés ?
    • Apporte t il une confirmation/infirmation d’une théorie?
    • Décrit il un phénomène nouveau?
  • Quelle est la vision ou le courant théorique (l’école de pensée, ou la philosophie) dans lequel s’inscrit l’ouvrage ?
  • La thèse défendue dans l’ouvrage a t elle des contradicteurs ou des opposants ? Quels sont ils ?
  • Quelles sont les limites éventuelles de la thèse défendue dans l’ouvrage ? Les limites méthodologiques?

Une véritable préparation doit intégrer ses éléments pour que vous puissiez argumenter au sujet de l’ouvrage étudié.

Concrètement, je vous conseille de faire 3 lectures de l’ouvrage à étudier :

  • une première lecture normale, sans prise de note,
  • une deuxième lecture visant à ficher l’ouvrage, à réaliser une fiche de lecture complète, suivant le plan de l’ouvrage.
  • une troisième lecture visant à répondre et à documenter les éléments de problématisation repris plus haut.

5) Ne pas négliger l’épreuve de langue

Le risque sur un concours de ce type est de se focaliser sur le thème étudié, qui par définition est très vaste et demande beaucoup de travail (plusieurs lectures d’un ouvrage, connaitre en détail un thème de concours…). Néanmoins, il ne faut pas négliger l’épreuve de langue, même si son coefficient est le moins important (coefficient 2 contre coefficient 3 pour chacune des deux autres épreuves).

En effet, la majorité des concours de Sciences Po et des Instituts d’Études Politiques se jouent sur la note en langue, qui est une matière extrêmement discriminante. L’écart entre le dernier candidats admis et le candidat suivant est généralement très mince (voir les rapports de jury). Je vous recommande donc de ne surtout pas prendre l’épreuve de langue à la légère.

Si vous passez également ou avez passé le concours commun, l’épreuve est exactement la même. Appuyez vous sur le travail réalisé dans ce cadre pour gagner du temps !

 

Laisser un commentaire

Fermer le menu