
Analyse de sujet de dissertation Sciences Po : exemple concret
Je vous propose d’aborder aujourd’hui un point de méthodologie de la dissertation, via un exemple adapté à l’épreuve de questions contemporaines. Cette étape est la base de l’exercice de la dissertation mais est trop souvent négligée par les candidats. Négliger cette étape peut vous entraîner vers des hors sujets ou vers des copies bancales, sans réelle réflexion. Pour rappel, le manque de réflexion personnelle sur les sujets proposés est le principal défaut relevé par les jurys dans leurs rapports.
J’ai choisi d’aborder cet exercice en l’adaptant à un sujet de dissertation soumis par un lecteur via Twitter : « faut-il réprimer les radicalités? »
Étape 1 : identifier pourquoi le sujet est important.
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Identifier quel est l’enjeu?
Identifier l’enjeu d’un sujet de dissertation est une étape primordiale de son analyse, en particulier pour « vendre » votre copie. Identifier le ou les enjeux vous permettra de montrer au correcteur que vous avez compris en quoi le sujet est véritablement important. Par important, j’entends montrer au jury que le sujet vous intéresse profondément, au delà de l’impératif du concours, en tant qu’homme et citoyen.
Sur cet exemple, un des enjeux du sujet est par exemple la lutte contre les mouvements radicaux, par exemple le terrorisme. Alors qu’un certain nombre de débats ont émergé suite à la vague d’attentats terroristes islamistes, cette question est importante puisqu’elle pose la question de leur efficacité. Un bon moyen de trouver facilement l’enjeu d’un sujet de dissertation est d’identifier des applications concrètes sur des enjeux d’actualités.
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Identifier pourquoi la réponse à la question ne va pas de soi. (la problématique)
Si on vous pose une question, c’est précisément parceque la réponse ne va pas de soi et n’appelle pas une réponse simple et manichéenne. Vous devez donc très vite analyser pourquoi cette question peut amener des réponses opposées. Les différentes réponses pourront être à la base du plan de votre dissertation. Généralement, lorsqu’on lit un sujet, une première réponse vient spontanément. C’est souvent ce qu’on appelle en philosophie le « sens commun ». Ici, pour le sujet traité, on a naturellement envie de répondre « oui » à la question « Faut-il réprimer les radicalités ». Les mouvements et opinions radicales sont potentiellement dangereux et il faut donc les réprimer pour éviter qu’elles ne prolifèrent et ne se développent.
En réfléchissant un peu, on peut pourtant se dire que :
– la répression n’est peut être pas le moyen adapté pour lutter contre les radicalités, voire même peut avoir des effets contre-productif.
– toutes les formes de radicalités ne sont pas nuisibles : les radicalités intellectuelles peuvent être fécondes, les mouvements artistiques radicaux permettent à l’art d’évoluer et de se renouveler. J’ai évoqué quelques pistes dans cet article.
Pendant cette étape vous pouvez également vous servir des références que vous avez étudié pendant vos révisions. Certains références sont clivantes et peuvent vous aider à identifier la problématique. Vous pouvez consulter un top 5 des références sur le sujet des radicalités sur cet article.
Vous tenez donc votre problématique !
Étape 2 : Définir précisément les contours du sujet.
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définition des termes :
Il convient de définir précisément les termes principaux. Ici, il faut définir dans l’analyse de votre sujet : radicalités, réprimer ou répression.
Il est également impératif de jouer sur la question et distinguer les deux sens qui se cachent derrière la question « faut-il … ? ». Je vous invite pour cela à relire vos cours de méthodologie de philosophie.
Ici, il ne faut surtout pas oublier les deux sens du verbe falloir et il vous faut analyser votre sujet de dissertation avec ce prisme. Faut-il peut signifier : « est-il nécessaire » de réprimer les radicalités? ou « est-il de notre devoir de réprimer les radicalités? » La référence à la nécessité pose la question de l’efficacité. La référence au devoir et à la morale pose la question de la légitimité.
Si vous souhaitez approfondir ce terme, vous pouvez relire d’excellents articles sur le site sosphilosophie ici.
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définition du périmètre :
Sur certains sujets, il faut définir le périmètre de votre réflexion. Ici, je ne vois pas l’intérêt de borner votre sujet. Le terme réprimer suggère tout de même que la question porte sur l’aspect politique du sujet puisqu’il comporte une évocation de violence.
Étape 3 : Construire votre plan.
Si vous avez précisément identifié votre problématique, le plan découlera simplement de celle-ci. Je vous conseille néanmoins de reformuler les parties des titres de plan afin de gagner en efficacité. J’ai évoqué dans un article précédent les types de plans possibles pour une dissertation au concours de Sciences Po et leurs forces et faiblesses.
Problématique : La répression : un outil à double tranchant pour lutter contre les radicalités
I) un outil nécessaire.
A) La répression, un outil nécessaire pour éviter la prolifération des radicalités
B) La répression, un outil légitime au regard des dangers des radicalités
II) mais imparfait voire même contreproductif
A) Les mécanismes de la répression ne sont pas forcément les meilleurs outils pour lutter contre les radicalités
B) Les radicalités peuvent se nourrir de la répression voire émerger de celle ci.
Conclusion : la radicalité comme moyen de lutter contre la répression?




Quel plan adopter pour le concours de sciences po?
Les étudiants et lycéens préparant le concours de Sciences Po et des IEPs se posent généralement la question de la structure de plan à adopter. En particulier, l’idée du plan type sciences po, en deux parties et deux sous-parties revient généralement. Examinons les avantages et inconvénients des options à votre disposition. Plan en deux ou en trois parties ?
Le fonctionnement des plans en deux parties et en trois parties.
Un plan en deux parties se structure schématiquement de la manière suivante :
Partie 1 : thèse
Partie 2 : antithèse
où la thèse et l’antithèse sont deux réponses (apparemment) opposées à la question qu’est votre problématique. La conclusion vous permet, elle, de répondre en nuançant éventuellement la réponse.
Un plan en trois parties se structure généralement de la manière suivante :
Partie 1 : thèse
Partie 2 : antithèse
Partie 3 : synthèse
La différence avec le plan en deux parties réside dans le fait que la partie 3 cherche à dépasser la contradiction apparente entre les parties 1 ou 2, par exemple en prenant de la hauteur et/ou en changeant de perspective.
Avantages et inconvénients des plans en deux parties
Avantages : ce type de plan est généralement facile à construire (plan Oui/Non), il est adapté à la durée relativement courte de l’épreuve de culture générale ou de questions contemporaines et surtout il est clair (le correcteur comprends facilement où le candidats l’emmène).
Inconvénient : ce type de plan sera utilisé par 80% des candidats et il faudra se démarquer des autres candidats par un autre moyen. Ce type de plan présente également le risque de donner l’impression qu il est calqué de manière forcée et artificielle.
Conseils : Essayer de reformuler la manière dont vous présentez le plan pour éviter un plan « oui/mais en fait pas vraiment ». Vous pouvez par exemple utiliser d’autres oppositions pour confronter vos deux thèses. Par exemple, à court terme, oui / à long terme, c’est moins évident. Ou encore « D’un point de vue individuel, oui / d’un point de vue collectif, des effets d’externalité peuvent apparaître ».
Avantages et inconvénients des plans en trois parties
Avantages : ce type de plan vous démarquera des autres candidats. Si vous préparez Sciences Po et les IEPs depuis une prépa littéraire, vous serez rôdé à l’utilisation de ce plan.
Inconvénients : ce type de plan nécessite de faire plus de transitions entre parties, et est moins incisif qu’un plan en 2 parties. Il est donc moins adapté à des épreuves courtes comme celles des IEPs surtout si vous avez des problèmes de gestion du temps (et des difficultés à rendre des copies terminées).
Conseils : A éviter absolument si vous avez tendance à ne pas terminer vos copies fautes de temps.
Deux ou trois sous-parties ?
Au sein de chacune de vos parties, vous pouvez opter pour deux ou pour trois sous parties.
Si pour le nombre de parties à utiliser, la notion de durée de l’épreuve (le temps qui vous ai imparti), vos propres caractéristiques (avez vous des problèmes de gestion du temps?) peuvent influencer votre choix de structure de plan, il n’en est pas de même pour les sous parties.
L’élément qui doit dicter le nombre de sous parties au sein de chaque partie est la cohérence interne de votre raisonnement et vos arguments. En revanche, si vous optez pour une première partie en deux ou en trois sous-parties, il faut absolument que les autres parties en contiennent le même nombre. La dissertation est aussi un exercice de style avec des contraintes bien précises 😉
Vous pouvez voir des exemples de plans en deux parties et deux sous parties :