Comment obtenir une note supérieure à 15 au concours des IEP ? Caractéristiques des (très) bonnes copies.

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Si la moyenne requise pour intégrer un Institut d’Études Politiques est relativement stable d’une année à l’autre (la barre d’admission est généralement comprise entre 11/20 et 12/20), un des meilleurs moyens d’être admis consiste à performer largement dans une/des matière(s) et d’obtenir des notes proches de la moyenne dans les autres matières.

Mais pour cela, encore faut-il parvenir à obtenir une très bonne note dans une des matières !

Je vous propose d’analyser avec vous quelques clés d’une bonne copie. Pour cela, je m’appuierai en particulier sur ma copie au concours d’entrée de Sciences Po Lille, où j’ai obtenu 16/20. Le sujet était « Nous ne croyons pas ce que nous savons » (Citations de Jean – Pierre Dupuy, dans Pour un catastrophisme éclairé). Vous pouvez obtenir celle-ci ici (et en plus, vous contribuerez aux frais de fonctionnement du blog 😉 ). A l’époque, l’épreuve était une épreuve de culture générale, sans programme, mais les enseignements restent valables.

1) Les meilleures copies ne sont pas parfaites … et peuvent même comporter des erreurs !

Le premier point important à souligner est le fait que votre travail le jour du concours est limité dans le temps. Vous disposez de quelques heures (3 pour l’épreuve de questions contemporaines du concours commun) et le jury ne s’attends bien évidemment pas à un travail parfait. Vous n’êtes pas tenu à avoir compris en profondeur tous les aspects du thème et à rendre une copie parfaite, avec 50 références, etc. Si je reprends l’exemple de ma copie au concours d’entrée de l’IEP de Lille, qui sert de fil rouge à cet article, elle a quelques défauts importants :

  • Un plan assez basique (Le fameux « Plan Sciences po » : un plan en 2 parties et 2 sous parties, avec une logique dialectique) : Il consistait en une première partie qui démontrait que en effet « nous ne croyons pas ce que nous savons », et une deuxième partie qui insistait au contraire sur le fait le savoir et la croyance sont liés. Pour faire bref, c’était un plan Oui/Non qu’on vous déconseille souvent de faire si vous avez la possibilité d’en trouver un autre. J’avais tout de même essayé de masquer ce plan Oui/non en annonçant dans la première partie que savoir et croyance procèdent de deux logiques opposées (en accord avec le sens de l’auteur de la citation), et dans la deuxième que la citation de l’auteur pouvait être comprise comme un regret.
  • Un traitement du sujet un peu déconnecté de l’auteur et de la problématique de l’ouvrage dont est tiré la citation. Je ne connaissais en effet pas l’auteur, et encore moins l’ouvrage en question. J’ai donc choisi d’axer ma problématique et ma réflexion uniquement sur le contenu de la citation, et j’ai abordé le sujet sous un angle philosophique, comme un sujet sur la croyance et le savoir. J’avais compris, au vu du titre de l’ouvrage, que la citation devait porter sur les catastrophes (je pensais en particulier aux catastrophes écologiques), mais ne connaissant ni l’auteur, ni le sujet précis du livre, j’ai choisi de ne pas spéculer sur cet aspect. Je pense que si j’avais fait le lien avec l’auteur, ma note aurait certainement été encore meilleure.
  • Une copie avec quelques erreurs. A la relecture de ma copie, j’ai en effet constaté que j’avais fait plusieurs erreurs dans la copie, et le correcteur en a relevé certaine. Ainsi, je m’appuie dans ma copie sur l’auteur Auguste Comte, mais j’orthographie mal son nom, que j’écris Compte, ce que le correcteur a vu. Plus tard dans la copie, je cite Blaise Pascal (« Suivez ceux qui cherche la vérité et fuyez ceux qui la trouve ») mais au lieu d’écrire « vérité », j’écris « réalité ». Cette erreur n’a pas été soulignée par le correcteur, mais il l’a peut être vue. A noter cependant, ces erreurs ne sont pas des contresens ou des références citées mais sans lien avec le sujet, ce qui explique qu’elles n’aient pas été pénalisantes.

Vous l’avez compris, votre copie n’a pas besoin d’être parfaite pour obtenir une bonne note.

2) Les bonnes copies sont généralement simples et claires

Une des caractéristiques qui frappe le plus lorsqu’on lit de très bonne copie, par exemple celles mises en évidence dans les rapports de jury, est leur apparente simplicité. On a une impression de fluidité, et de simplicité dans le raisonnement et dans le développement de l’analyse et des arguments. Ce résultat est néanmoins compliqué à obtenir. D’abord parceque cela nécessite d’avoir bien compris et problématisé le sujet. Ensuite, parceque cela demande d’avoir travaillé son écriture (les tournures de phrases, les connecteurs logiques, la manière de citer les auteurs et les références utilisées).

Sur ces deux points, le meilleur moyen de progresser est de s’entrainer. Pour la partie problématisation, je vous recommande de prendre des exemples de sujets (j’ai fait quelques articles à ce sujet sur le blog, par exemple sur le thème de questions contemporaines « Le secret« ) et de les traiter en condition de temps réelle et en allant jusqu’à l’écriture de l’introduction (soit analyse du sujet, problématisation, mise en place du plan et rédaction de l’introduction).

Pour le travail de votre écriture, là encore, si ce n’est pas votre force, je vous recommande de vous entrainer à écrire ou mieux, à vous relire et à ré-écrire. Vous avez certainement dans votre cursus scolaire des travaux ou des copies pour lesquels vos enseignants vous ont fait remarqué que votre style n’est pas bon.) L’idée sur ce point est de vous concentrer sur la rédaction des idées déjà développées, sans vous occuper du fond, mais uniquement de la forme. Pour savoir si le style est bon ou est perfectible, vous pouvez ensuite au choix, soit vous faire relire par une tierce personne qui a un style plus travaillé, soit relire vos phrases à voix haute (on s’aperçoit généralement plus facilement de lourdeurs de style comme cela, en tout cas, c’est comme cela que je procède).

Lorsque vous êtes en train de rédiger votre développement, mieux vaut parfois effectuer des « relectures intermédiaires » qui peuvent vous permettre de fluidifier vos raisonnements et les enchaînements de phrases. Cela peut vous permettre également d’être au clair sur votre démonstration (par exemple, j’avais des difficultés à équilibrer le nombre d’exemples utilisés dans mes sous-parties et j’étais parfois à court d’exemples pour la dernière sous-partie et cela m’a permis de régler ce problème).

Le dernier point pour donner à votre lecteur une impression de fluidité et de soigner vos transitions. Celles-ci ne sont des petites conclusions. Elles servent à passer d’une idée à une autre. Je conseille, lorsque c’est possible, d’identifier un exemple qui illustre les deux idées entre lesquelles vous souhaitez faire une transition. Ainsi, vous pourrez facilement, par cet exemple passer d’un paragraphe à l’autre.

3) Les bonnes copies reposent sur une réflexion et une argumentation solide

La dernière caractéristique des très bonnes copies est que celles-ci sont le résultat d’une réflexion pertinente par rapport au sujet posé. Il est en effet particulièrement important de distinguer deux choses :

  • Le programme de l’épreuve / la matière
  • Le sujet du concours

Le jury du concours vous évaluera en effet uniquement sur votre réponse au sujet qui vous est posé, et non pas sur votre maitrise ou votre connaissance du programme. C’est une des différences principales avec les épreuves du baccalauréat, où votre correcteur valorise également en partie votre connaissance du programme.

Cela veut dire concrètement que le correcteur vous pénalisera si vous mobilisez des connaissances qui ne sont pas réellement liées au sujet, et s’il sent que vous voulez « à tout prix » plaquer des connaissances et/ou des références.

Si vous souhaitez des conseils sur la manière de bien répondre au sujet, je vous conseille de lire mon article relatif à l’introduction. Une fois que vous avez réalisé l’ensemble des étapes que je décris dans l’article, je vous invite à structurer votre raisonnement comme suit : Une idée par paragraphe ou partie, étayée par plusieurs arguments, eux même illustré par des exemples.

L’avantage de considérer les parties et les sous-parties comme étant une idée (et une seule, même si elle peut être décomposée en sous-idées) est que cela peut vous aider à construire votre plan et votre raisonnement. En effet, chacune de vos parties apportera alors un élément de réponse à votre problématique.

Dernière piste enfin, travailler sur les références que vous mobilisez (leur pertinence, leur originalité, et la manière de les mettre en valeur)

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