Auteur/autrice : Pierre

Calendrier et dates du concours commun des IEP 2020

Calendrier et dates du concours commun des IEP 2020

Le calendrier des concours d’entrée 2021 est accessible dans cet article (CLIQUEZ ICI)

Mise à jour du 25/03/2020 : annulation du concours commun 2020. Retrouvez l’article détaillé ici. , ainsi que les modalités de sélection pour le concours 2020.

Mise à jour du 17/12/2019 : retrouvez mon article sur le programme du concours commun 2020, ainsi que mes conseils sur le thème du secret et des révolutions.

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Mise à jour du 04/10/2019 : Le calendrier complet de l’ensemble des concours d’entrée en première année (dates d’inscription, admissibilité, résultats etc.) est accessible dans cet article.

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Mise à jour du 10/07/2019 : Mises à jour suite aux dernières annonces du réseau ScPo.

Le concours commun 2020 aura lieu le samedi 18 avril 2020. L’inscription et la publication des résultats aux concours se fera désormais via Parcoursup à partir du concours commun 2020.

Le concours commun 2020 est aménagé à la marge : L’épreuve de questions contemporaines reste identique mais un seul thème changera chaque année (contre deux jusqu’alors). Le thème « Le secret » reste au programme du concours. L’épreuve d’histoire devient une épreuve d’analyse de document.

Toutes les informations sont disponibles sur le guide du candidat accessible ici .

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Les résultats du concours commun 2019 sont parus la semaine dernière.

Vous avez été admis? Félicitations !

Vous êtes sur liste d’attente? Patience, des places vont se libérer petit à petit et vous aurez peut-être une place pour intégrer un Institut d’Études Politiques en septembre.

Vous n’avez pas été reçu cette année? Pas de panique. Rappelez vous que les concours de Sciences Po sont parmi les plus sélectifs, et que vous pourrez repasser le concours commun en 2020 ou les concours d’entrée en 2ème année ou en 4ème année.

Le concours commun 2020

Pour les candidats au concours commun 2020, vous pouvez d’ores et déjà prendre connaissance des grandes dates pour la session 2020 du concours. Les dates définitives n’ont pas encore été communiquée officiellement par les IEPs du concours commun, mais cet article sera mis à jour au fil du temps.

Fin juin/début juillet 2019 : le réseau Sciences Po devrait publier, comme chaque année les thèmes de l’épreuve de questions contemporaines dans les semaines à venir. Les thèmes pour le concours 2020 sont « Le secret » et « Révolutions »

Fin Septembre – début octobre 2019 : le calendrier officiel du concours 2020 sera diffusé par les IEP du concours (date d’inscription, date du concours, date des résultats…)

Début février 2020 – début avril 2020 : les inscriptions au concours commun 2020 seront certainement ouvertes à compter de début février 2020. Elle devront être faite via Parcoursup.

18 avril 2020 : le concours aura lieu.

15-20 juin 2020 : les résultats d’admission devraient être publié fin juin 2020.

Ces informations seront mises à jour régulièrement, n’hésitez pas à revenir régulièrement !

En attendant les thèmes de questions contemporaines 2020, vous pouvez réviser les épreuves de langue et d’histoire, voire réviser ou relire vos classiques.

Analyse des sujets de questions contemporaines du concours commun 2019

Analyse des sujets de questions contemporaines du concours commun 2019

Les sujets de l’épreuve de questions contemporaines du concours commun 2019 sont :

– Faut-il tout dématérialiser ?

– Les institutions démocratiques peuvent-elles reposer sur le secret ?

Quelques réflexions et enseignements sur les sujets proposés :

Méthodologie de la dissertation et de l’analyse de sujet

La première chose qui m’a frappé en lisant les sujets de cet année, c’est la manière dont ils ont été formulé. Le sujet sur le numérique commence par « Faut-il … ? » et le sujet sur le secret est de manière indirecte un sujet du type « Peut-on … ? »

Ce type de formulation est typique des sujets de philosophie de terminale, et nécessite, pour ne pas faire de hors sujet (ou de traitement partiel du sujet) de bien analyser ces deux intitulés de questions, en particulier sous leur double sens : « Faut-il » veut dire à la fois « Est-il nécessaire … ? » et « Est-il moral … ? » ; « Peut-on » veut dire à la fois « Est-on capable … ? » et « A-t-on le droit … ? ».

                A mon sens, la formulation des sujets est un signe que le jury du concours ne souhaite pas désavantager les candidats de terminale par rapport aux candidats de niveau bac+1 ou les candidats ne faisant pas de prépa par rapport aux candidats issus de prépa. Un candidat sérieux de terminale, ayant assimiler la technique de dissertation en philosophie me semble parfaitement armé pour analyser et problématiser les sujets. L’étape de problématisation du sujet étant la plus importante pour obtenir une bonne note, il me semble que c’est un bon signe pour tous les candidats travailleurs et sérieux 😊

un sujet « classique » et un sujet plus « complexe »

Le deuxième élément que je retiens est la présence d’un sujet « attendu » et d’un sujet un peu plus complexe (en apparence). Les thèmes de culture générale ou de questions contemporaines comportent généralement des types de sujets « classiques ».

C’est le cas du sujet portant sur le thème du secret cette année. Le rôle paradoxal du secret dans le fonctionnement des démocraties était le thème central et attendu cette année. Lorsque je vous avais proposé des idées de sujets pour préparer le concours sur le thème du secret, je vous avais d’ailleurs proposé deux sujets à travailler sur l’articulation entre secret et démocratie.

                Le deuxième sujet en revanche, paraît un peu plus « complexe » de prime abord, et en tout cas moins facilement abordable.

Généralement, les candidats (en particulier les moins bons candidats) s’orientent vers les sujets « simples » ou « classiques ». Il devient donc plus difficile de « sortir du lot » quand on choisit un sujet simple. L’autre danger est aussi de choisir un sujet a priori « simple » et de partir vite sur un plan en analysant pas assez le sujet et donc de passer sur certains aspects (c’était un risque important cette année, voir mon analyse du sujet plus bas).

Vous l’avez compris, je conseille généralement de s’orienter vers le sujet « complexe » 😊

Des sujets qui permettent un « échelonnement » des notes.

Le troisième enseignement que je tire des sujets du concours commun 2019, est qu’ils permettent un échelonnement des notes en termes de correction, avec 3 catégories de copies :

  1. Un premier tiers de copies pour lesquels l’analyse du sujet n’est pas suffisante, en particulier l’analyse des double sens inclus dans la formulation, mais aussi l’analyse, la définition des autres termes. Comment problématiser le sujet « Les institutions démocratiques peuvent-elles reposer sur le secret ? » sans interroger les aspects juridiques qui régissent/réglementent/définissent une démocratie. Une démocratie repose en partie sur le secret. (Peut-on parler de démocratie si le vote n’est pas secret ?). Dans ces cas-là, votre copie a de forte chance d’être en deçà des attentes au concours et de se voir attribuer une note inférieure à 8/20 au mieux.
  2. Un deuxième tiers de copies ayant analysé le double sens des questions, défini et problématisé le sujet, de manière correcte, avec un plan basique (oui / non) etc. Vous vous trouverez alors dans le troupeau des candidats lambda, avec une note de 8/20 à 12/20
  3. Un troisième tiers de copies émanant de candidats ayant fait une analyse poussée et complète des sujets. Je trouve que les sujets proposés provoquent assez facilement des décalages entre un candidat normal et un bon candidat. Sur les deux sujets proposés, voici selon moi les deux termes qui vous permettaient de faire réellement la différence et sur lesquels il fallait insister et baser votre réflexion et votre problématique :

Faut-il tout dématérialiser ?

Le mot qui fait toute la différence est le mot « tout ». Le sujet ne demande pas s’il faut encourager ou limiter la dématérialisation. L’enjeu porte plutôt sur la manière de définir ce qui doit ou ne doit pas être dématérialisé. Et c’est là que le sujet devient intéressant. Comment définir concrètement les modalités et les choix en termes de dématérialisation ?

Les institutions démocratiques peuvent-elles reposer sur le secret ?

A mon sens, le terme important et qui risque d’être oublié est le terme « institution ». La définition sociologique d’une institution est une structure qui tend ou qui vise à se reproduire. Si le fonctionnement démocratique tend à promouvoir des principes de transparence en termes de fonctionnement des institutions, la logique même des institutions (leur propre survie/reproduction) les pousse à adopter des comportements ou des stratégies contraires à leur missions initiales. C’est là tout l’enjeu du sujet. La démocratie est un système politique qui est constamment en tension entre le respect de ses principes et sa nécessaire « survie » face à d’autres logiques.

Comment réviser la culture générale en 1ère ou en 2nde ? Les livres à lire en priorité

Comment réviser la culture générale en 1ère ou en 2nde ? Les livres à lire en priorité

Les difficultés de l’épreuve de culture générale

L’épreuve de culture générale est l’épreuve reine du concours de Sciences Po, et des Instituts d’Etudes Politiques, quels que soit le concours d’entrée visé.

Les IEPs de province ont certes modifié le libellé de l’épreuve de culture générale en la rebaptisant « questions contemporaines », mais elle n’en demeure pas moins sur le fond une épreuve de culture générale (avec une orientation plus axée sur l’actualité contemporaine, et un champ délimité par les thèmes au programme).

Cette épreuve est une des épreuves les plus difficiles parce qu’elle demande deux caractéristiques dont les candidats manquent souvent :

  • Le temps :  L’épreuve de culture générale, sans programme prédéfini, et avec des champs de connaissance tirés de tous les domaines intellectuels, artistiques, scientifiques etc. est une épreuve difficilement « bachotable ». Elle ne s’acquiert pas en lisant un manuel de culture générale, précisément parcequ’il n’y a pas de programme défini, et que la qualité qui est demandé aux candidats est de faire des ponts entre matière, approches et courants artistiques pour comprendre, expliquer les enjeux d’un sujet. Cela demande du temps et la majorité des candidats aux concours de Sciences Po n’en ont pas (bac à préparer en parallèle, révisions des autres matières etc)
  • La transversalité : Maitriser des connaissances variées, lire les livres des auteurs importants, écouter des émissions ou aller à des expositions sur des sujets extrêmement variés permet de faire des ponts entre sujets et d’apporter des éclairages différents et féconds sur un sujet en particulier. Pour réussir Sciences Po, on vous demande à la fois d’être philosophe, économiste, sociologue, historien etc. à un bon niveau et … de ne pas trop l’être. Vous devez être précis, connaître réellement les théories, œuvres et sujets dont vous parlez, mais sans en être un spécialiste pointu et faire une dissertation sous un seul angle académique/artisitique. Là encore, force est de constater que les candidats sont généralement peu préparés à cette exigence. Au lycée, les cours sont généralement très segmentés et les ponts entre matières rarement mis en avant.

Si vous visez Sciences Po, il est donc plus que nécessaire de vous y prendre tôt et pour cela, les lectures des classes de 1ère et de 2nde seront un bagage fort utile pour préparer, et réussir les concours des Instituts d’Etudes Politiques.

Mes conseils de lecture pour commencer à réviser Sciences Po dès la classe de seconde ou de première.

Cette liste comporte des livres relativement courts, accessibles en termes de raisonnement, et de vocabulaire et qui vous serviront de « boîte à outil » à la fois pour le concours de Sciences Po et du baccalauréat.

D’une manière générale, même si un concours porte sur un ou plusieurs thèmes (comme le concours commun des Ieps par exemple), le fait de maitriser une palette large de connaissance permet de faire des liens entre sujets ou de s’en sortir quand vous rencontrez un sujet en marge d’un thème. Je conseille donc ces classiques (tous assez courts en termes de nombre de pages) à l’ensemble des candidats aux concours des IEPs.

Karl Marx et Friedrich Engels, Le manifeste du parti communiste

C’est un ouvrage court, de vulgarisation, de résumé de la pensée de Karl Marx. L’intérêt principal de la pensée de Karl Marx et que celle-ci développe une vision, une idéologie universelle (c’est-à-dire qu’elle permet d’analyser toute sorte de phénomènes humains, donc pour le candidat à Sciences Po, toutes sortes de sujets de culture générale). L’ouvrage est également une mine à citations, en particulier la première phrase «  L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes » et la dernière phrase « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». En plus d’être un livre « théorique » c’est également un livre « historique » en ce sens qu’il a permis la diffusion de la pensée marxiste par le monde.

Lire le Manifeste du parti communiste.

Jean-Paul Sartre, l’Existentialisme est un humanisme

Ce livre est issue d’une conférence de Jean-Paul Sartre, qui y explique les fondements de sa théorie philosophique, l’existentialisme (le fameux « L’existence précède l’essence ». Ce livre permet d’appréhender des thèmes de culture générale comme le devoir et la liberté. Il vous sera également utile pour préparer l’épreuve de philosophie du bac.

Lire l’Existentialisme est un humanisme

Claude Levi-Strauss, Race et Histoire.

Claude Levi-Strauss est un anthropologue et philosophe français. Il est un des membres fondateurs du mouvement intellectuel du « structuralisme ». Ce petit livre permet de s’initier à des thèmes souvent évoqués en culture générale, comme la culture, et en particulier l’ethnocentrisme et le racisme. L’ouvrage défend les interactions entre cultures : « Tout progrès culturel est fonction d’une coalition entre les cultures. »

Lire Race et Histoire

Ernest Renan, « Qu’est-ce qu’une Nation ? »

Là encore, cet ouvrage est la retranscription d’une conférence donnée par Ernest Renan (philologue français), qui a pour objet le thème de la Nation. Cet ouvrage permet de mettre en évidence deux visions opposées de ce qu’est une nation : une vision « du sang » sur le modèle de la nationalité allemande notamment et une vision « du souhait » qui est devenu l’emblème d’une conception française de la nationalité, celle du « plébiscite de chaque jour » (ie. la volonté de vivre ensemble). Cette distinction permet d’apporter des éclairages intéressants sur tous les sujets liés à la question de nation, de vivre ensemble.

Lire Qu’est ce qu’une Nation 

Machiavel, Le Prince

J’ai déjà évoqué avec vous ce livre, qui est considéré comme le premier ouvrage de Sciences Politiques, dans les livres à lire sur le thème du secret. C’est une excellente preuve du fait que les livres classiques sont généralement mobilisables sur de nombreux sujets de culture générale ou de questions contemporaines. Dans ce livre Machiavel donne des conseils sur le pouvoir au Prince et en ce faisant évoque de nombreux sujets en lien avec le pouvoir et l’Etat.

Lire Le Prince

Consulter la fiche de lecture

Sujets de questions contemporaines sur le thème du « numérique» (concours commun des IEP de province 2019)

Sujets de questions contemporaines sur le thème du « numérique» (concours commun des IEP de province 2019)

Après mon article sur les sujets sur le thème « Le secret », je vous soumets quelques proposition de sujets de dissertation sur le thème de questions contemporaines « Le numérique« .

Je profite également de cet article pour donner quelques conseils pour vous entrainer à l’épreuve de questions contemporaines, à partir de ceux-ci.

Comment réviser efficacement à partir d’exemples de sujets ou d’annales ?

C’est assez simple. La meilleure méthode est de vous entraîner en « condition réelle » :

  • planifiez une plage pendant laquelle vous ne serez pas dérangé ou distrait (exit donc les téléphones, tv etc. etc.), à votre bureau. Cette plage peut avoir la durée exacte de l’épreuve ou être plus courte si vous n’avez pas un créneau entier. Il faut en revanche que vous vous teniez à la plage définie (mettez une alarme et ne faite rien d’autre sur la plage en question).
  • Tirez un sujet au sort. Nous sommes humains et nous pouvons tous être tenté de choisir d’abord le sujet le simple ou celui qu’on maitrise le plus. C’est pourtant une erreur, le but de l’entrainement et de vous permettre de faire face à n’importe quel sujet.
  • En fonction du créneau que vous avez choisi, faites l’intégralité de la dissertation, ou si c’est un créneau plus court, planchez sur l’analyse du sujet, la construction d’un plan détaillé (partie, sous partie, arguments, exemples et références) et la rédaction de l’introduction.

Exemple de sujets sur le thème « Le numérique »

Peut-on parler de révolution numérique ?

Peut-on maîtriser son identité numérique ?

Le numérique met-il en danger la démocratie ?

L’homo numericus est-il derrière nous ou devant nous ?

Pensez vous que la citation suivante s’adapte au numérique? Argumentez. « La rationalité technologique ne met pas en cause la légitimité de la domination, elle la défend plutôt » (Herbet Marcuse, L’Homme Unidimensionnel, 1964).

Comment sortir de la guerre (1944 – 1947) ? Analyse du sujet de composition d’histoire au concours de Sciences Po Paris.

Comment sortir de la guerre (1944 – 1947) ? Analyse du sujet de composition d’histoire au concours de Sciences Po Paris.

Le concours d’entrée en 1ère année de Sciences Po Paris a eu lieu les 23 et 24 février dernier. Je vous propose aujourd’hui un retour sous forme d’une analyse d’un des deux sujets de composition. (ou qu’est ce que j’aurai écrit sur mon brouillon si j’avais du composer à votre place 😉 )

L’épreuve d’histoire en quelques mots

L’épreuve d’histoire de Sciences po comporte deux sous-épreuves :

  • une composition (dissertation) sur un sujet à choisir parmi deux proposés
  • une étude critique de document(s)

Pour le concours 2019, les deux sujets de composition étaient :

  • La République et la Question sociale, en France (vers 1880 – 1946)
  • Comment sortir de la guerre ? (1944-1947)

L’étude de document concernait les lois constitutionnelles de 1875.

Quelques conseils sur les sujets « déroutants » ou « complexes »

L’intitulé du sujet « Comment sortir de la guerre ? (1944 -1947) » peut dérouter à première vue.

D’abord parce qu’on a tendance à penser que cette question est une question opérationnelle ou politique, qu’ont dû se poser les dirigeants militaires ou politique de l’époque (comment finir au plus vite la guerre?) mais qui n’est pas réellement une question historique. Lorsqu’un sujet d’histoire est posé sous la forme d’une question c’est généralement pour décrire/interroger une transformation (ex. Comment la croissance économique des « Trente Glorieuses » a-t-elle transformé la société française ?).

Ensuite parceque les bornes chronologiques peuvent porter à confusion : en 1944, la deuxième guerre mondiale n’est pas finie (même si la dynamique est clairement en faveur d’une victoire alliée), mais elle l’est bien en 1947. En revanche, 1947 marque généralement l’entrée dans un autre conflit, la guerre froide. Notez bien que le sujet ne s’intitule pas « comment sortir de la 2ème guerre mondiale? ». L’analyse des bornes chronologiques doit donc déjà faire apparaître des questionnements qui vous serviront de base pour la construction de votre problématique.

Ce type de sujet est généralement un excellent moyen de se démarquer des autres candidats. Un nombre important d’entre eux vont se rabattre sur les sujet plus classique, et auront du mal à se démarquer. Je vous conseille généralement de vous attaquer au sujet qui paraît complexe, en particulier parcequ’il va vous forcer à vous creuser les méninges pour interroger et décortiquer le sujet. Quand le sujet parait trop classique, généralement on pense tout de suite au plan, aux connaissances et on oublie de réellement réfléchir et problématiser le sujet. A titre personnel, j’ai passé un nombre très important de concours et j’ai toujours obtenu de meilleurs notes sur des sujets complexes que sur des sujets classiques et trop balisés.


Mon analyse du sujet « comment sortir de la guerre? (1944-1947) ».

Pour l’exercice, je me suis forcé à faire cette analyse de sujet en 30 minutes. Le jury recommande de passer 2 heures 30 minutes sur l’épreuve de composition et il vous faudrait en effet passer 20 à 30 minutes sur l’analyse du sujet, la problématique et une ébauche de plan. Mes réflexions ne sont donc pas un corrigé, et peuvent contenir des réflexions qui ne seraient pas reprises dans votre copie car non alignées avec la problématique. Le but de cet article est surtout de vous montrer tout ce qui peut (doit?) sortir de votre analyse du sujet.

Analyse des termes du sujet.

Comment : comment renvoie à la fois à la question des moyens (quels moyens mettre en œuvre pour sortir de la guerre?) et de la manière (de quelle manière sortir de la guerre? ). En filigrane, on trouve la question de l’efficacité (comment vite sortir de la guerre? comment sortir de la guerre de façon durable? … ). On peut commencer à lister les moyens qui ont été mis en œuvre pour sortir du conflit : militaire (les débarquements, l’utilisation de la bombe atomique…), diplomatiques, économiques (reconstruction, dédommagements, plan Marshall…), ou sociaux, juridiques, en terme de relation internationales (création de l’ONU) , en terme de « mémoire » …

Sortir: Sortir peut recouvrer ici plusieurs sens : 1) mettre fin au conflit (arrêt des combats, signature des traités, démobilisation des troupes), 2) passer à un autre état, celui de l’après guerre, avec ce qu’il suppose : démilitarisation des sociétés, reconstruction sous tous ces aspects (économiques, politique, juridique, voire mentale), 3) sortir peut aussi être compris comme « éviter » au sens d’éviter une logique de guerre comme moyen de régulation des conflits entre états ou idéologies (ce qui ouvre des ponts avec la guerre froide qui se profile et la montée des organismes internationaux).

Le verbe sortir permet également de poser la question des étapes. Sortir d’une guerre ne se fait pas d’un coup, à la signature de l’armistice. En 1946, l’armée est encore mobilisée en France dans le cadre des grèves, en 1947, l’armée rouge occupe de nombreux territoires etc. etc. On a l’arrêt des combats, les signatures des traités, les démobilisations de troupes, les reconstructions etc etc. qui sont autant d’étapes pour la sortie effective de la guerre. On peut d’ailleurs légitimement s’interroger si en 1947, on est ou non sorti de la seconde guerre mondiale.

Guerre: je pense qu’il faut également interroger le terme de guerre. Il peut évoquer plusieurs réalités. L’aspect conflictuel, les combats en sont un. L’aspect juridique en est un autre (être en état de guerre, déclarée ou non). Enfin, de quelle guerre parle-t-on? La seconde guerre mondiale? Inclut on la guerre froide qui démarre? la guerre froide est elle une conséquence d’une « mauvaise » sortie de la seconde guerre mondiale?

Borne chronologique 1944-1947 : en 1944, le rapport de force s’est inversé. L’armée rouge avance. En Europe occidentale, des débarquements ont lieu. Progressivement se pose la question de terminer vite le conflit et les questions de l’après guerre se posent déjà entre alliés alors que les combats ont encore lieu (cf. la conférence de Téhéran fin 1943 acte des décisions de cet ordre). En 1947, alors qu’on n’est pas encore totalement sorti du conflit, le monde glisse progressivement vers une autre guerre.

Problématique

A mon sens, l’enjeu qui se cache derrière le sujet est la question de savoir ce qui fait (ou non) qu’au bout d’un processus avec de multiples étapes étalées dans le temps (arrêt des combats, jugement des responsabilités, reconstruction…), on peut dire (ou pas) que la société ou le monde est sorti de la guerre. Et le paradoxe de la sortie de la seconde guerre mondiale est que toutes les étapes ne sont pas réalisées lorsqu’on bascule dans un autre conflit. La sortie de la guerre se fait par l’entrée dans une nouvelle guerre.

Plan

I) L’urgence de la sortie de la guerre : Gérer les urgences liées aux conflits armés et à l’immédiat après guerre

Expliquer la nécessité de clôturer vite le conflit (volume des pertes civiles, « Solution Finale » à stopper )

Questionner les moyens de terminer le conflit armé rapidement avec les différentes options militaires à disposition et utilisée (ex. utilisation des bombes atomiques), mais également diplomatiques etc.

Les urgences de l’immédiat après guerre (réfugiés, retours des camps de concentration et d’extermination, nourrir les populations etc. etc).

II) La difficile (re)construction des fondations d’une paix durable

Décrire les chantiers de reconstruction à tous les niveaux (économiques, sociaux, juridiques, mémoriels, politiques…) entrepris pour sortir de la guerre et construire des instruments d’une paix durable : reconfigurations territoriales, reconstruction économiques, construction de dispositif de Sécurité sociale, jugements, création d’instances supra-nationales … et en quoi il contribuent à sortir de la guerre. Poser également la question de leur efficacité/difficultés.

III) Vers un nouvel équilibre mondial bipolaire

Le but de cette partie est de montrer comment malgré toutes les initiatives, les réalisations et les avancées vers la paix, on glisse petit à petit vers un nouvel équilibre via la guerre froide.

Qu’avez vous pensé du sujet? quel problématique et quel plan avez vous choisi?

Fiche de Révision de questions contemporaines: Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD)

Fiche de Révision de questions contemporaines: Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD)

Je vous propose aujourd’hui une fiche de révision sur le thème du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Celle-ci pourra vous être utile pour préparer l’épreuve de questions contemporaines du concours commun des IEPs (thèmes « Le Numérique« , mais aussi « Le secret« ).

Bref historique sur le thème de la protection des données personnelles.

La France a été un pays précurseur sur la protection des données personnelles avec la « loi Informatique et Liberté » adoptée en 1978. A l’époque, l’élément déclencheur de cette loi est un projet de l’INSEE visant à interconnecter des bases de données à partir du numéro de Sécurité Sociale (le NIR) qui soulève des débats autour de la liberté individuelle et le « flicage » des citoyens. Cette loi aboutit également à la création de la CNIL.

En 1995, la protection des données fait l’objet d’une directive européenne (voir ici).

En 2016, un règlement européen, le RGPD est adopté.

Les principaux changements apportés par le RGPD.

  1. Le principe d’ « accountability » qui consiste en un changement de paradigme majeur dans la mesure où les entreprises et institutions devront mettre en œuvre un cadre de conformité lié à la protection des données. Celles-ci devront prouver qu’elles sont en conformité au niveau de la protection des données personnelles (et ce n’est pas le plaignant qui devra prouver que l’institution est en cause). on parle donc « d’inversion de la charge de la preuve ».
  2. RGPD intègre également de nouvelles obligations (exemple : nommer un Data Protection Officer, exemple tenir un registre des traitements).
  3. RGPD augmente le niveau des sanctions en cas de manquements. Avant son adoption, les sanctions étaient de 300 000€ maximum. Avec RGPD, elles peuvent atteindre 4% du chiffre d’affaires.
  4. RGPD met en place de nouveaux droits pour les personnes (droit à l’effacement, droit à l’oubli, droit à la portabilité).

Les règles et obligations introduites par RGPD.

Les règles concernent :

  • l’interdiction de récolter des données personnelles sans raison
  • l’obligation de définir une durée de conservation des données (à l’expiration, celles-ci doivent être soit anonymisées, soit supprimées, soit archivées).
  • Le respect des droits des personnes
  • La sécurité du traitement des données

Les obligations détaillées sont les suivantes :

  • La tenue d’un registre des traitements : celui ci doit lister l’ensemble des traitements de données de personnes en indiquant notamment la finalité du traitement (pour quoi est-ce que j’utilise cette donnée?), les personnes concernées, la durée de conservation etc.
  • La gestion des droits des personnes : via la mise en place de procédures et d’outils.
  • La désignation d’un DPO dont le rôle est précisément de veiller au respect du droit des personnes.
  • L’obligation d’engager les sous-traitants gérant pour son compte des données personnelles (via des clauses par exemple).
  • L’analyse des risque en terme de sécurité des données
  • La notification obligatoire des violations constatées sous 72 heures.

Les nouveaux droits créés avec le RGPD

Droit à l’oubli : suppression de certaines données personnelles (par exemple des moteurs de recherche)

Droit à la portabilité des données

Droit d’obtenir réparation en cas de préjudice : les citoyens concernés par un manquement d’un organisme gérant des données personnelles pourront demander une indemnisation

Droit de ne pas faire l’objet d’une « décision individuelle automatisée » (= droit qu’un robot ne prenne pas de décision à notre sujet).

Comment intégrer Sciences Po Lyon en master ?

Comment intégrer Sciences Po Lyon en master ?

L’Institut d’études Politiques de Lyon a dévoilé il y a quelques jours les modalités d’accès en 4eme année. Je vous livre donc dans cet article mes conseils pour intégrer l’IEP directement en master.

Modalités et conditions d’accès en master

L’entrée directe en 4eme année des Instituts d’Études Politiques est généralement un moyen peu connu d’intégrer Sciences Po. Il y a généralement moins de candidats que pour les concours d’accès en première ou en deuxième année, et des candidats issus d’horizons plus diversifiés. C’est donc une carte supplémentaire à jouer pour intégrer une grande école. Si vous obtiendrez le même diplôme que les étudiants ayant réussi les concours d’accès aux années précédentes, vous ne pourrez néanmoins pas bénéficier de l’année d’études ou de stage à l’étranger, qui est une des grandes forces du cursus en IEP.

Cette année l’IEP de Lyon ouvre 50 places pour une entrée en master.

Pour pouvoir postuler à ce concours, vous devez avoir validé 180 crédits ECTS ou les obtenir l’année du concours.

Le concours 2019

Le concours aura lieu le 30 mars 2019, à Lyon. Les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes, et vous pouvez vous inscrire sur leur site internet. Vous pourrez vous inscrire jusqu’au 4 mars 2019 à midi.

Les épreuves du concours d’entrée en master sont les suivantes :

  1. Une épreuve sur ouvrage :
    • L’épreuve porte sur le livre « La consommation engagée » de
      Sophie Dubuisson-Quellier. (La consommation engagée, Paris, Presses de Sciences Po, 2e édition augmentée, 2018, Sophie Dubuisson-Quellier)
    • Cette épreuve comporte une partie en français (deux questions en français, comptant pour la moitié de la note finale) et une partie en langue (anglais, italien, allemand et espagnol peuvent être choisis au moment de l’inscription) pour la moitié de la note finale.
    • Achetez le livre ICI.
  2. Un dossier d’admissibilité à remplir en amont du concours :
    • Ce dossier est accessible ici et devra être complété en amont du concours et rendu le jour de l’épreuve.
    • Il comporte 5 questions portant sur le projet professionnel, le parcours passé et le l’adéquation entre la formation à Sciences Po Lyon et le projet professionnel. Sur ces 5 questions, seules 4 sont notées pour 5 points chacune.

A l’issue de ces épreuves, certains candidats sont déclarés admissibles et convoqués à un oral pour l’admission définitive (5 minutes de présentation et 20 minutes de questions).

Mes conseils de préparation pour le concours

Il vous reste un peu plus de 2 mois à compter de ce jour pour vous préparer à ce concours. Si vous préparez en parallèle d’autres concours, et devez suivre votre cursus actuel, vous allez donc devoir être efficace et vous organiser pour être performant dans vos révisions. Vous trouverez donc ci-après mes conseils :

  1. Régler au plus vite les aspects logistiques.
  2. Faire une première lecture du livre
  3. Préparer votre dossier de motivation et faîtes le relire
  4. Faire une deuxième lecture du livre en réalisant en parallèle une fiche de lecture.
  5. Réviser le vocabulaire de la langue vivante choisie en lien avec les thèmes du livre.
  6. Augmenter vos connaissances sur le thème du livre.

Régler au plus vite les aspects logistiques

Je vous ai conseillé dans plusieurs articles de traiter au plus tôt les aspects logistiques liés aux inscriptions. Lorsqu’on est pris dans les révisions, et parfois un peu stressé par l’approche du concours, il n’y a rien de pire pour se démotiver que de voir que les serveur d’inscription est surchargé ou que les tgv sont pleins. Je vous invite donc à faire en priorité:

  • votre inscription en ligne,
  • la commande du livre à lire. Il est accessible ICI.
  • la réservation de vos billets de TGV/hôtel si vous en avez besoin.
  • le téléchargement du dossier de motivation
  • la commande des conseils de lecture.

Faire une première lecture du livre

De manière générale, lorsqu’un concours porte sur un ouvrage particulier, je vous conseille de lire plusieurs fois celui-ci. En particulier, je vous conseille de lire une première fois le livre, sans prendre de note. Et ensuite de réaliser une deuxième lecture en faisant votre fiche de lecture. Pour mémoire, j’ai écris quelques lignes sur la réalisation des fiches de lectures à la fin de cet article.

La première lecture vous permettra d’avoir une vision d’ensemble de l’ouvrage (thèse de l’ouvrage, arguments et construction du livre). La seconde lecture, accompagnée de la réalisation de la fiche de lecture vous permettra de suivre chapitre par chapitre la progression du livre, de retenir des citations et des arguments/illustrations/débats pertinents.

Préparez votre dossier de motivation et faites le relire.

Pour ce concours, vous avez la chance de pouvoir présenter quelque chose que vous aurez construit dans un temps non limité par une durée d’épreuve. C’est l’occasion de réaliser un dossier soigné et percutant pour prendre de l’avance sur les autres candidats (quel que soit le concours, il y aura toujours des candidats qui prépareront le dossier à la dernière minute, ne le feront pas relire etc. etc.) Je vous conseille de faire une première version, puis de faire relire votre dossier à plusieurs personnes qui peuvent être : un professeur d’une matière importante pour la filière que vous demandez, un maitre de stage ou un tuteur qui pourra mettre en évidence les qualités requises/possibilités d’évolution pour votre cursus professionnel.

Il est important que ce type de dossier soient argumentés, structurés et synthétiques (le nombre de caractères est extrêmement limité, allez au but!). De la même manière, l’orthographe, la syntaxe et votre écriture doivent être soignées. Si besoin, je peux relire quelques dossiers et échanger (pierre.concoursiep (at) gmail.com)

Faire une deuxième lecture du livre, et réalisant votre fiche de lecture.

Je vous renvoie ici au point n° 2 et à l’article cité qui détaille les éléments pour votre fiche de lecture.

Réviser le vocabulaire de la langue vivante choisie en lien avec les thèmes du livre.

Là encore, vous avez la chance de savoir à l’avance les thèmes sur lesquels portera votre épreuve de langue. C’est particulièrement important, surtout quand on sait que l’épreuve de langue est généralement l’épreuve la plus discriminante pour intégrer Sciences Po.

Ici, deux thèmes importants ressortent : la consommation et l’engagement. Faites vous des listes de vocabulaire sur ces thèmes et apprenez les par coeur. Un excellent moyen de réviser peut également être de traduire votre fiche de lecture. Le but est de pouvoir parler du livre, mais également argumenter sur les thèmes en lien avec celui-ci.

Augmentez vos connaissances sur le thème du livre.

Compte tenu de délais courts et de la somme de travail à réaliser, vous n’aurez certainement pas le temps d’effectuer beaucoup de lecture complémentaires. Celles-ci sont néanmoins un moyen efficace de faire la différence.

Si vous ne deviez lire qu’un livre en plus dans votre préparation, je vous conseille un ouvrage extrêmement complet et actuel :

Sociologie de la consommation (Approches théoriques classiques, synthèse des recherches) de Vincent Chabault.

Achetez le livre ICI.

Si vous avez moins de temps, vous pouvez lire cet ouvrage qui est plus petit, mais dense : le repère  » sociologie de la consommation » de Nicolas Herpin.

Achetez l’ouvrage ICI.

Pour une première introduction (qui ne remplacera pas la lecture de Sociologie de la consommation), vous pouvez lire cet article de Sciences Humaines.

Lexique et définitions sur le numérique (suite) : Intelligence artificielle, blockchain, RGPD…

Lexique et définitions sur le numérique (suite) : Intelligence artificielle, blockchain, RGPD…

Je vous propose aujourd’hui une suite à mon article sur le lexique des termes liés au domaine du numérique. Ce thème, au programme de l’épreuve de questions contemporaines du concours commun, contient de nombreux termes techniques liés soit aux innovations et aux technologies, soit aux règlementations et aux enjeux liés à celle-ci.

L’intelligence Artificielle (« IA »)

L’intelligence artificielle concerne l’ensemble des techniques qui visent à permettre à une machine de simuler l’intelligence. Les domaines d’application sont extrêmement vastes (Cela va des programmes informatiques de jeux d’échecs, aux assistants personnels intelligents, et aux robots). Ce domaine a été développé grâce aux travaux d’Alan Turing, dans les années 1950. L’amélioration des puissances de calcul des processeur, ainsi que des techniques algorithmique et du volume de données disponibles permettent depuis les années 2000 une augmentation considérable des champs d’application. Les enjeux et questions posées par l’émergence de l’IA sont nombreuses : les machines peuvent elles penser et être intelligence?  (pouvoir est entendu ici comme « être capable » mais aussi « avoir le droit »). Le développement des dispositifs d’intelligence artificielle posent des questions morales mais également en terme de responsabilité. Par exemple, de nombreux débats existent autour des voitures autonomes. (s’il y a un accident, qui est responsable? ou encore comment la machine intègre t elle des considérations morales ou éthiques?)

La Blockchain

Cette technologie a connu un écho international avec l’émergence des crypto-monnaies, dont le bitcoin. Au delà de ce champ d’application, cette technique permet une révolution importante, qui est de créer ou de permettre l’émergence de systèmes d’échanges, d’archivage, ou de contractualisation sans l’intervention d’un « tiers de confiance ». Il s’agit en effet d’un système de cryptographie via l’émergence d’un consensus entre les pairs présents dans la blockchain. Pour parler simplement, l’ensemble des échanges (transactions, échanges, contrats, … ) sont accessibles par tous les acteurs de la blockchain à tout moment, et ne peuvent être modifiés sans consensus/validation de ceux ci. A partir de cette technologie, on peut mettre en place des systèmes financiers, des cadastres etc. qui sont publics et non centralisés. L’émergence de cette technologie pourrait donc représenter un danger pour certaines institutions (par exemple les notaires, ou les banques qui endossent actuellement ce rôle de tiers de confiance).

RGPD (Le Règlement Général sur la Protection des Données)

Il s’agit d’un règlement de l’Union Européenne qui régit les données à caractère personnel (leur collecte, leur utilisation, leur maîtrise…). Il vise à protéger l’utilisation des données personnelles via un certain nombre de dispositifs comme par exemple l’encadrement du profilage, la demande du consentement explicite lors de la collecte de données, le droit à l’oubli… RGPD a été promulgué en 2016 et peut déboucher sur des sanctions financières importantes pour les organisations qui ne seraient pas en règle (jusqu’à 4% du chiffre d’affaires pour une entreprise).

Vous pouvez consulter ma fiche de synthèse ICI.

La CNIL

La Commission Nationale Informatique et Liberté est une institution administrative française visant à protéger les citoyens vis à vis de l’informatique. Elle possède six missions principales : « informer, réguler, protéger, contrôler, sanctionner, anticiper ».

Sujets de questions contemporaines sur le thème du « secret »

Sujets de questions contemporaines sur le thème du « secret »

Un bon moyen de savoir si vous êtes prêts pour le concours est d’essayer d’imaginer des sujets que pourrait vous poser le jury, ou même d’imaginer le sujet que vous donneriez si vous deviez le choisir.

C’est un exercice qui est loin d’être évident lorsqu’on est absorbé par ses révisions et qu’on cherche à accumuler des connaissances et des références. En effet, définir le sujet sur lequel vont plancher plusieurs milliers de candidats nécessite à mon sens deux qualités essentielles :

  • Avoir du recul sur le sujet : c’est-à-dire y avoir réfléchi en profondeur, mais en ayant réussi à synthétiser les grands enjeux et débats qui font que ce sujet est intéressant, et suscite un réel débat.
  • Avoir une vision transversale du sujet : l’épreuve de questions contemporaine est à la frontière de nombreuses matières académiques, et les candidats (ainsi que les correcteurs) ont des appétences ou des spécialisations différentes. Il convient donc de choisir un sujet qui ne favorise pas tel profil au détriment d’un autre (exemple : ne pas choisir un sujet purement philosophique ou purement sociologique), un sujet transverse à plusieurs matières.

Faire cet exercice en tant que candidat ne pourra que vous être bénéfique puisque vous allez devoir pour cela sortir d’une posture où vous cherchez à rassembler et engranger des connaissances pour une posture dans laquelle vous cherchez à problématiser et à véritablement réfléchir.

Je vous propose donc quelques idées de sujets sur le thème du secret, au programme du concours commun 2021.

Quelques sujets possibles sur le thème le « Secret »

1 ) Le Secret est-il nécessaire ? (Vous pouvez trouver un corrigé sur le thème « Le secret est-il nécéssaire en politique? », ICI)

2 ) Faut-il toujours viser à réduire le secret ? ( Une variante pourrait être « Faut-il toujours viser à limiter le secret ? » )

3) Le secret est-il acceptable en démocratie ?

4) Le secret est-il nécessaire en démocratie ?

5) Le secret est-il en danger ?

6) Comment / Peut- on concilier transparence et efficacité en politique?

Comment la science économique analyse-t-elle le thème du « secret »?

Comment la science économique analyse-t-elle le thème du « secret »?

Je vous propose aujourd’hui un article d’un format un peu nouveau sur ce blog. Il consiste à aborder l’un des thèmes de l’épreuve de questions contemporaines du concours commun des IEP de province via un angle thématique, celui du point de vue de l’économie.

Le thème « Le secret » est a priori un thème qui est plutôt analysé ou évoqué par des disciplines comme la science politique (par exemple, via les ressorts du pouvoir), la littérature (voir à ce sujet mon article sur les références sur le thème du Secret) ou la sociologie. L’économie permet néanmoins, via quelques concepts et modèles simples d’illustrer des arguments sur le thème du Secret.

Je suis personnellement passionné de sciences sociales, et en particulier d’économie, et je ne peux que vous recommander d’utiliser des références tirées des théories économiques qui permettent généralement d’illustrer des arguments de manière percutante et originale. Pour la petite histoire, c’est ce que j’ai fait dans ma copie de culture générale  au concours d’entrée de Sciences Po Lille (vous pouvez lire la copie ici). Le sujet portait sur les liens entre croyance et savoir et j’avais évoqué par exemple les concepts économiques de rationalité et de rationalité limitée.

L’économie s’intéresse au concept de secret via quelques thèmes bien précis (le secret des affaires, les théories relatives à la propriété intellectuelle etc.). Dans cet article, nous allons évoquer le secret via le thème de l’information et des différents niveau d’informations entre des acteurs différents d’un marché. Ce thème est omniprésent dans la science économique, en particulier chez les théoriciens dits « néo-classiques ».

Le théorème du prisonnier

Cette théorie est extrêmement connue, en particulier des lycéens ayant fait un bac Economique et Social. Elle constitue une manière intéressante de montrer que le non partage d’information (ou, pour être plus précis dans ce cas, l’impossibilité de partage d’une information) entraîne, par le jeu des intérêts et des stratégies individuelles, des situations qui ne sont pas les plus adaptées ou les plus enviables pour l’intérêt général (un économiste dirait des situations « sous-optimales »).

Ce théorème a été développé par Alfred William Tucker, un mathématicien expert de la théorie des jeux, une branche des mathématiques ayant beaucoup d’applications en économie. Ce théorème met en cause deux joueurs (deux prisonnier, que la police interroge séparément) qui ont chacun le choix entre nier et dénoncer/trahir l’autre prisonnier. Le cas est présenté comme suit :

  • si les deux prisonnier nient, chacun fera 6 mois de prison.
  • si les deux prisonniers dénoncent chacun l’autre, chacun fera 5 ans de prison.
  • si un prisonnier dénonce l’autre, il sera libéré et l’autre prisonnier fera 10 ans de prison.

On voit rapidement que, si les prisonniers pouvaient communiquer, ils pourraient facilement s’accorder pour nier en bloc, et écoper chacun de 6 mois de prison. N’ayant pas la possibilité de communiquer, chacun des prisonniers va être amené à dénoncer l’autre, puisque quel que soit l’action de son complice, il est plus intéressant pour lui de dénoncer l’autre (si vous n’êtes pas convaincu à ce stade, je vous invite à regarder la matrice des paiements, de l’article wikipedia consacré à ce théorème).

Cet exemple permet de montrer de manière amusante que le secret peut être préjudiciable à tous, de façon logique. Il peut donc vous aider à argumenter en faveur de restrictions des secrets (position qu’il faudra nuancer 😉 ).

Les asymétries d’information

La science économique a également étudié le secret via son aspect de dissimulation volontaire d’information d’un acteur, vis à vis d’un autre. George Akerlof, économiste américain, a  même reçu un « prix nobel » d’économie pour ses travaux sur ce sujet.

Il étudie ce qui se passe lorsque deux acteurs échangeant un bien sur un marché n’ont pas le même niveau d’information relative à la qualité de ce bien. Dans un article célèbre (c’est un des articles d’économie les plus cité au monde), intitulé  » The market for « Lemons » « , il étudie le marché des voitures d’occasion et plus particulièrement des Lemons, voitures de mauvaise qualité.

Le vendeur de la voiture connaît bien mieux que les acheteurs potentiels la qualité intrinsèque du véhicule qu’il met en vente. Sur le marché étudié, on trouve donc deux types de vendeurs :

  • les vendeurs de voitures d’occasion, qui veulent vendre leur voiture d’occasion au prix « normal » du marché
  • les vendeurs de voiture de très mauvaise qualité, qui veulent profiter du prix du marché pour vendre leur mauvaise voiture d’occasion.

La présence de ce second type de vendeur a un effet « pervers » sur les potentiels acheteurs. Ceux-ci deviennent conscients du risque de tomber sur une mauvaise occasion. Une grande majorité de ces acheteurs potentiels va donc soit quitter le marché soit revoir à la baisse leur prix d’achat maximal.

La deuxième conséquence est que les vendeurs de bonne voiture ne vont pas accepter de vendre leur voiture à un prix moindre que leur valeur réelle.

In fine, la conséquence de cette asymétrie d’information, est la destruction/la fin du marché, c’est à dire que les échanges risquent de ne plus se réaliser. On voit donc via cet exemple bien que le secret peut avoir des conséquences néfastes sur les échanges économiques.

Un moyen de lutter contre cet effet pervers peut être la mise en place de contrôles et de normes pour rassurer un certain niveau de qualité des biens vendus. Sur le marché de la voiture, on peut penser au contrôle technique ou aux diagnostics techniques d’électricité ou de gaz pour le marché de l’immobilier.

Le secret peut donc être néfaste pour les échanges, et/ou engendrer des surcoûts pour la société. En parallèle, la présence de comportements de dissimulation d’information pour être un déclencheur, par l’Etat, de mécanisme d’amélioration de la sécurité et de la qualité via la création de normes, de systèmes d’audits ou de contrôle.

L’aléa moral

Le concept d’aléa moral est également un concept mobilisable pour argumenter autour du thème du secret. C’est un effet pervers qui apparaît entre deux parties signataires d’un contrat visant à couvrir un risque. Il est particulièrement présent dans le secteur économique de l’assurance.

Ce concept désigne le fait qu’un individu se comporte différemment lorsqu’il a signé un contrat par rapport à la situation où il n’a pas signé ce contrat.

Par exemple, lorsqu’un conducteur souscrit à une assurance tout risque pour son véhicule, il peut être tenté de conduire de manière plus risquée et dangereuse. Par exemple également, un travailleur peut réduire ses horaires ou son volume de travail lorsqu’il a validé sa période d’essai.

Ce concept d’aléa moral met en évidence des comportements où l’individu souscripteur a intérêt à dissimuler sciemment ses intentions ou son comportement tant qu’il n’a pas signé ce contrat. Le secret est ici une conséquence ou un effet pervers du contrat entre les parties.