Auteur/autrice : Pierre

Comment sortir de la guerre (1944 – 1947) ? Analyse du sujet de composition d’histoire au concours de Sciences Po Paris.

Comment sortir de la guerre (1944 – 1947) ? Analyse du sujet de composition d’histoire au concours de Sciences Po Paris.

Le concours d’entrée en 1ère année de Sciences Po Paris a eu lieu les 23 et 24 février dernier. Je vous propose aujourd’hui un retour sous forme d’une analyse d’un des deux sujets de composition. (ou qu’est ce que j’aurai écrit sur mon brouillon si j’avais du composer à votre place 😉 )

L’épreuve d’histoire en quelques mots

L’épreuve d’histoire de Sciences po comporte deux sous-épreuves :

  • une composition (dissertation) sur un sujet à choisir parmi deux proposés
  • une étude critique de document(s)

Pour le concours 2019, les deux sujets de composition étaient :

  • La République et la Question sociale, en France (vers 1880 – 1946)
  • Comment sortir de la guerre ? (1944-1947)

L’étude de document concernait les lois constitutionnelles de 1875.

Quelques conseils sur les sujets « déroutants » ou « complexes »

L’intitulé du sujet « Comment sortir de la guerre ? (1944 -1947) » peut dérouter à première vue.

D’abord parce qu’on a tendance à penser que cette question est une question opérationnelle ou politique, qu’ont dû se poser les dirigeants militaires ou politique de l’époque (comment finir au plus vite la guerre?) mais qui n’est pas réellement une question historique. Lorsqu’un sujet d’histoire est posé sous la forme d’une question c’est généralement pour décrire/interroger une transformation (ex. Comment la croissance économique des « Trente Glorieuses » a-t-elle transformé la société française ?).

Ensuite parceque les bornes chronologiques peuvent porter à confusion : en 1944, la deuxième guerre mondiale n’est pas finie (même si la dynamique est clairement en faveur d’une victoire alliée), mais elle l’est bien en 1947. En revanche, 1947 marque généralement l’entrée dans un autre conflit, la guerre froide. Notez bien que le sujet ne s’intitule pas « comment sortir de la 2ème guerre mondiale? ». L’analyse des bornes chronologiques doit donc déjà faire apparaître des questionnements qui vous serviront de base pour la construction de votre problématique.

Ce type de sujet est généralement un excellent moyen de se démarquer des autres candidats. Un nombre important d’entre eux vont se rabattre sur les sujet plus classique, et auront du mal à se démarquer. Je vous conseille généralement de vous attaquer au sujet qui paraît complexe, en particulier parcequ’il va vous forcer à vous creuser les méninges pour interroger et décortiquer le sujet. Quand le sujet parait trop classique, généralement on pense tout de suite au plan, aux connaissances et on oublie de réellement réfléchir et problématiser le sujet. A titre personnel, j’ai passé un nombre très important de concours et j’ai toujours obtenu de meilleurs notes sur des sujets complexes que sur des sujets classiques et trop balisés.


Mon analyse du sujet « comment sortir de la guerre? (1944-1947) ».

Pour l’exercice, je me suis forcé à faire cette analyse de sujet en 30 minutes. Le jury recommande de passer 2 heures 30 minutes sur l’épreuve de composition et il vous faudrait en effet passer 20 à 30 minutes sur l’analyse du sujet, la problématique et une ébauche de plan. Mes réflexions ne sont donc pas un corrigé, et peuvent contenir des réflexions qui ne seraient pas reprises dans votre copie car non alignées avec la problématique. Le but de cet article est surtout de vous montrer tout ce qui peut (doit?) sortir de votre analyse du sujet.

Analyse des termes du sujet.

Comment : comment renvoie à la fois à la question des moyens (quels moyens mettre en œuvre pour sortir de la guerre?) et de la manière (de quelle manière sortir de la guerre? ). En filigrane, on trouve la question de l’efficacité (comment vite sortir de la guerre? comment sortir de la guerre de façon durable? … ). On peut commencer à lister les moyens qui ont été mis en œuvre pour sortir du conflit : militaire (les débarquements, l’utilisation de la bombe atomique…), diplomatiques, économiques (reconstruction, dédommagements, plan Marshall…), ou sociaux, juridiques, en terme de relation internationales (création de l’ONU) , en terme de « mémoire » …

Sortir: Sortir peut recouvrer ici plusieurs sens : 1) mettre fin au conflit (arrêt des combats, signature des traités, démobilisation des troupes), 2) passer à un autre état, celui de l’après guerre, avec ce qu’il suppose : démilitarisation des sociétés, reconstruction sous tous ces aspects (économiques, politique, juridique, voire mentale), 3) sortir peut aussi être compris comme « éviter » au sens d’éviter une logique de guerre comme moyen de régulation des conflits entre états ou idéologies (ce qui ouvre des ponts avec la guerre froide qui se profile et la montée des organismes internationaux).

Le verbe sortir permet également de poser la question des étapes. Sortir d’une guerre ne se fait pas d’un coup, à la signature de l’armistice. En 1946, l’armée est encore mobilisée en France dans le cadre des grèves, en 1947, l’armée rouge occupe de nombreux territoires etc. etc. On a l’arrêt des combats, les signatures des traités, les démobilisations de troupes, les reconstructions etc etc. qui sont autant d’étapes pour la sortie effective de la guerre. On peut d’ailleurs légitimement s’interroger si en 1947, on est ou non sorti de la seconde guerre mondiale.

Guerre: je pense qu’il faut également interroger le terme de guerre. Il peut évoquer plusieurs réalités. L’aspect conflictuel, les combats en sont un. L’aspect juridique en est un autre (être en état de guerre, déclarée ou non). Enfin, de quelle guerre parle-t-on? La seconde guerre mondiale? Inclut on la guerre froide qui démarre? la guerre froide est elle une conséquence d’une « mauvaise » sortie de la seconde guerre mondiale?

Borne chronologique 1944-1947 : en 1944, le rapport de force s’est inversé. L’armée rouge avance. En Europe occidentale, des débarquements ont lieu. Progressivement se pose la question de terminer vite le conflit et les questions de l’après guerre se posent déjà entre alliés alors que les combats ont encore lieu (cf. la conférence de Téhéran fin 1943 acte des décisions de cet ordre). En 1947, alors qu’on n’est pas encore totalement sorti du conflit, le monde glisse progressivement vers une autre guerre.

Problématique

A mon sens, l’enjeu qui se cache derrière le sujet est la question de savoir ce qui fait (ou non) qu’au bout d’un processus avec de multiples étapes étalées dans le temps (arrêt des combats, jugement des responsabilités, reconstruction…), on peut dire (ou pas) que la société ou le monde est sorti de la guerre. Et le paradoxe de la sortie de la seconde guerre mondiale est que toutes les étapes ne sont pas réalisées lorsqu’on bascule dans un autre conflit. La sortie de la guerre se fait par l’entrée dans une nouvelle guerre.

Plan

I) L’urgence de la sortie de la guerre : Gérer les urgences liées aux conflits armés et à l’immédiat après guerre

Expliquer la nécessité de clôturer vite le conflit (volume des pertes civiles, « Solution Finale » à stopper )

Questionner les moyens de terminer le conflit armé rapidement avec les différentes options militaires à disposition et utilisée (ex. utilisation des bombes atomiques), mais également diplomatiques etc.

Les urgences de l’immédiat après guerre (réfugiés, retours des camps de concentration et d’extermination, nourrir les populations etc. etc).

II) La difficile (re)construction des fondations d’une paix durable

Décrire les chantiers de reconstruction à tous les niveaux (économiques, sociaux, juridiques, mémoriels, politiques…) entrepris pour sortir de la guerre et construire des instruments d’une paix durable : reconfigurations territoriales, reconstruction économiques, construction de dispositif de Sécurité sociale, jugements, création d’instances supra-nationales … et en quoi il contribuent à sortir de la guerre. Poser également la question de leur efficacité/difficultés.

III) Vers un nouvel équilibre mondial bipolaire

Le but de cette partie est de montrer comment malgré toutes les initiatives, les réalisations et les avancées vers la paix, on glisse petit à petit vers un nouvel équilibre via la guerre froide.

Qu’avez vous pensé du sujet? quel problématique et quel plan avez vous choisi?

Fiche de Révision de questions contemporaines: Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD)

Fiche de Révision de questions contemporaines: Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD)

Je vous propose aujourd’hui une fiche de révision sur le thème du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Celle-ci pourra vous être utile pour préparer l’épreuve de questions contemporaines du concours commun des IEPs (thèmes « Le Numérique« , mais aussi « Le secret« ).

Bref historique sur le thème de la protection des données personnelles.

La France a été un pays précurseur sur la protection des données personnelles avec la « loi Informatique et Liberté » adoptée en 1978. A l’époque, l’élément déclencheur de cette loi est un projet de l’INSEE visant à interconnecter des bases de données à partir du numéro de Sécurité Sociale (le NIR) qui soulève des débats autour de la liberté individuelle et le « flicage » des citoyens. Cette loi aboutit également à la création de la CNIL.

En 1995, la protection des données fait l’objet d’une directive européenne (voir ici).

En 2016, un règlement européen, le RGPD est adopté.

Les principaux changements apportés par le RGPD.

  1. Le principe d’ « accountability » qui consiste en un changement de paradigme majeur dans la mesure où les entreprises et institutions devront mettre en œuvre un cadre de conformité lié à la protection des données. Celles-ci devront prouver qu’elles sont en conformité au niveau de la protection des données personnelles (et ce n’est pas le plaignant qui devra prouver que l’institution est en cause). on parle donc « d’inversion de la charge de la preuve ».
  2. RGPD intègre également de nouvelles obligations (exemple : nommer un Data Protection Officer, exemple tenir un registre des traitements).
  3. RGPD augmente le niveau des sanctions en cas de manquements. Avant son adoption, les sanctions étaient de 300 000€ maximum. Avec RGPD, elles peuvent atteindre 4% du chiffre d’affaires.
  4. RGPD met en place de nouveaux droits pour les personnes (droit à l’effacement, droit à l’oubli, droit à la portabilité).

Les règles et obligations introduites par RGPD.

Les règles concernent :

  • l’interdiction de récolter des données personnelles sans raison
  • l’obligation de définir une durée de conservation des données (à l’expiration, celles-ci doivent être soit anonymisées, soit supprimées, soit archivées).
  • Le respect des droits des personnes
  • La sécurité du traitement des données

Les obligations détaillées sont les suivantes :

  • La tenue d’un registre des traitements : celui ci doit lister l’ensemble des traitements de données de personnes en indiquant notamment la finalité du traitement (pour quoi est-ce que j’utilise cette donnée?), les personnes concernées, la durée de conservation etc.
  • La gestion des droits des personnes : via la mise en place de procédures et d’outils.
  • La désignation d’un DPO dont le rôle est précisément de veiller au respect du droit des personnes.
  • L’obligation d’engager les sous-traitants gérant pour son compte des données personnelles (via des clauses par exemple).
  • L’analyse des risque en terme de sécurité des données
  • La notification obligatoire des violations constatées sous 72 heures.

Les nouveaux droits créés avec le RGPD

Droit à l’oubli : suppression de certaines données personnelles (par exemple des moteurs de recherche)

Droit à la portabilité des données

Droit d’obtenir réparation en cas de préjudice : les citoyens concernés par un manquement d’un organisme gérant des données personnelles pourront demander une indemnisation

Droit de ne pas faire l’objet d’une « décision individuelle automatisée » (= droit qu’un robot ne prenne pas de décision à notre sujet).

Comment intégrer Sciences Po Lyon en master ?

Comment intégrer Sciences Po Lyon en master ?

L’Institut d’études Politiques de Lyon a dévoilé il y a quelques jours les modalités d’accès en 4eme année. Je vous livre donc dans cet article mes conseils pour intégrer l’IEP directement en master.

Modalités et conditions d’accès en master

L’entrée directe en 4eme année des Instituts d’Études Politiques est généralement un moyen peu connu d’intégrer Sciences Po. Il y a généralement moins de candidats que pour les concours d’accès en première ou en deuxième année, et des candidats issus d’horizons plus diversifiés. C’est donc une carte supplémentaire à jouer pour intégrer une grande école. Si vous obtiendrez le même diplôme que les étudiants ayant réussi les concours d’accès aux années précédentes, vous ne pourrez néanmoins pas bénéficier de l’année d’études ou de stage à l’étranger, qui est une des grandes forces du cursus en IEP.

Cette année l’IEP de Lyon ouvre 50 places pour une entrée en master.

Pour pouvoir postuler à ce concours, vous devez avoir validé 180 crédits ECTS ou les obtenir l’année du concours.

Le concours 2019

Le concours aura lieu le 30 mars 2019, à Lyon. Les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes, et vous pouvez vous inscrire sur leur site internet. Vous pourrez vous inscrire jusqu’au 4 mars 2019 à midi.

Les épreuves du concours d’entrée en master sont les suivantes :

  1. Une épreuve sur ouvrage :
    • L’épreuve porte sur le livre « La consommation engagée » de
      Sophie Dubuisson-Quellier. (La consommation engagée, Paris, Presses de Sciences Po, 2e édition augmentée, 2018, Sophie Dubuisson-Quellier)
    • Cette épreuve comporte une partie en français (deux questions en français, comptant pour la moitié de la note finale) et une partie en langue (anglais, italien, allemand et espagnol peuvent être choisis au moment de l’inscription) pour la moitié de la note finale.
    • Achetez le livre ICI.
  2. Un dossier d’admissibilité à remplir en amont du concours :
    • Ce dossier est accessible ici et devra être complété en amont du concours et rendu le jour de l’épreuve.
    • Il comporte 5 questions portant sur le projet professionnel, le parcours passé et le l’adéquation entre la formation à Sciences Po Lyon et le projet professionnel. Sur ces 5 questions, seules 4 sont notées pour 5 points chacune.

A l’issue de ces épreuves, certains candidats sont déclarés admissibles et convoqués à un oral pour l’admission définitive (5 minutes de présentation et 20 minutes de questions).

Mes conseils de préparation pour le concours

Il vous reste un peu plus de 2 mois à compter de ce jour pour vous préparer à ce concours. Si vous préparez en parallèle d’autres concours, et devez suivre votre cursus actuel, vous allez donc devoir être efficace et vous organiser pour être performant dans vos révisions. Vous trouverez donc ci-après mes conseils :

  1. Régler au plus vite les aspects logistiques.
  2. Faire une première lecture du livre
  3. Préparer votre dossier de motivation et faîtes le relire
  4. Faire une deuxième lecture du livre en réalisant en parallèle une fiche de lecture.
  5. Réviser le vocabulaire de la langue vivante choisie en lien avec les thèmes du livre.
  6. Augmenter vos connaissances sur le thème du livre.

Régler au plus vite les aspects logistiques

Je vous ai conseillé dans plusieurs articles de traiter au plus tôt les aspects logistiques liés aux inscriptions. Lorsqu’on est pris dans les révisions, et parfois un peu stressé par l’approche du concours, il n’y a rien de pire pour se démotiver que de voir que les serveur d’inscription est surchargé ou que les tgv sont pleins. Je vous invite donc à faire en priorité:

  • votre inscription en ligne,
  • la commande du livre à lire. Il est accessible ICI.
  • la réservation de vos billets de TGV/hôtel si vous en avez besoin.
  • le téléchargement du dossier de motivation
  • la commande des conseils de lecture.

Faire une première lecture du livre

De manière générale, lorsqu’un concours porte sur un ouvrage particulier, je vous conseille de lire plusieurs fois celui-ci. En particulier, je vous conseille de lire une première fois le livre, sans prendre de note. Et ensuite de réaliser une deuxième lecture en faisant votre fiche de lecture. Pour mémoire, j’ai écris quelques lignes sur la réalisation des fiches de lectures à la fin de cet article.

La première lecture vous permettra d’avoir une vision d’ensemble de l’ouvrage (thèse de l’ouvrage, arguments et construction du livre). La seconde lecture, accompagnée de la réalisation de la fiche de lecture vous permettra de suivre chapitre par chapitre la progression du livre, de retenir des citations et des arguments/illustrations/débats pertinents.

Préparez votre dossier de motivation et faites le relire.

Pour ce concours, vous avez la chance de pouvoir présenter quelque chose que vous aurez construit dans un temps non limité par une durée d’épreuve. C’est l’occasion de réaliser un dossier soigné et percutant pour prendre de l’avance sur les autres candidats (quel que soit le concours, il y aura toujours des candidats qui prépareront le dossier à la dernière minute, ne le feront pas relire etc. etc.) Je vous conseille de faire une première version, puis de faire relire votre dossier à plusieurs personnes qui peuvent être : un professeur d’une matière importante pour la filière que vous demandez, un maitre de stage ou un tuteur qui pourra mettre en évidence les qualités requises/possibilités d’évolution pour votre cursus professionnel.

Il est important que ce type de dossier soient argumentés, structurés et synthétiques (le nombre de caractères est extrêmement limité, allez au but!). De la même manière, l’orthographe, la syntaxe et votre écriture doivent être soignées. Si besoin, je peux relire quelques dossiers et échanger (pierre.concoursiep (at) gmail.com)

Faire une deuxième lecture du livre, et réalisant votre fiche de lecture.

Je vous renvoie ici au point n° 2 et à l’article cité qui détaille les éléments pour votre fiche de lecture.

Réviser le vocabulaire de la langue vivante choisie en lien avec les thèmes du livre.

Là encore, vous avez la chance de savoir à l’avance les thèmes sur lesquels portera votre épreuve de langue. C’est particulièrement important, surtout quand on sait que l’épreuve de langue est généralement l’épreuve la plus discriminante pour intégrer Sciences Po.

Ici, deux thèmes importants ressortent : la consommation et l’engagement. Faites vous des listes de vocabulaire sur ces thèmes et apprenez les par coeur. Un excellent moyen de réviser peut également être de traduire votre fiche de lecture. Le but est de pouvoir parler du livre, mais également argumenter sur les thèmes en lien avec celui-ci.

Augmentez vos connaissances sur le thème du livre.

Compte tenu de délais courts et de la somme de travail à réaliser, vous n’aurez certainement pas le temps d’effectuer beaucoup de lecture complémentaires. Celles-ci sont néanmoins un moyen efficace de faire la différence.

Si vous ne deviez lire qu’un livre en plus dans votre préparation, je vous conseille un ouvrage extrêmement complet et actuel :

Sociologie de la consommation (Approches théoriques classiques, synthèse des recherches) de Vincent Chabault.

Achetez le livre ICI.

Si vous avez moins de temps, vous pouvez lire cet ouvrage qui est plus petit, mais dense : le repère  » sociologie de la consommation » de Nicolas Herpin.

Achetez l’ouvrage ICI.

Pour une première introduction (qui ne remplacera pas la lecture de Sociologie de la consommation), vous pouvez lire cet article de Sciences Humaines.

Lexique et définitions sur le numérique (suite) : Intelligence artificielle, blockchain, RGPD…

Lexique et définitions sur le numérique (suite) : Intelligence artificielle, blockchain, RGPD…

Je vous propose aujourd’hui une suite à mon article sur le lexique des termes liés au domaine du numérique. Ce thème, au programme de l’épreuve de questions contemporaines du concours commun, contient de nombreux termes techniques liés soit aux innovations et aux technologies, soit aux règlementations et aux enjeux liés à celle-ci.

L’intelligence Artificielle (« IA »)

L’intelligence artificielle concerne l’ensemble des techniques qui visent à permettre à une machine de simuler l’intelligence. Les domaines d’application sont extrêmement vastes (Cela va des programmes informatiques de jeux d’échecs, aux assistants personnels intelligents, et aux robots). Ce domaine a été développé grâce aux travaux d’Alan Turing, dans les années 1950. L’amélioration des puissances de calcul des processeur, ainsi que des techniques algorithmique et du volume de données disponibles permettent depuis les années 2000 une augmentation considérable des champs d’application. Les enjeux et questions posées par l’émergence de l’IA sont nombreuses : les machines peuvent elles penser et être intelligence?  (pouvoir est entendu ici comme « être capable » mais aussi « avoir le droit »). Le développement des dispositifs d’intelligence artificielle posent des questions morales mais également en terme de responsabilité. Par exemple, de nombreux débats existent autour des voitures autonomes. (s’il y a un accident, qui est responsable? ou encore comment la machine intègre t elle des considérations morales ou éthiques?)

La Blockchain

Cette technologie a connu un écho international avec l’émergence des crypto-monnaies, dont le bitcoin. Au delà de ce champ d’application, cette technique permet une révolution importante, qui est de créer ou de permettre l’émergence de systèmes d’échanges, d’archivage, ou de contractualisation sans l’intervention d’un « tiers de confiance ». Il s’agit en effet d’un système de cryptographie via l’émergence d’un consensus entre les pairs présents dans la blockchain. Pour parler simplement, l’ensemble des échanges (transactions, échanges, contrats, … ) sont accessibles par tous les acteurs de la blockchain à tout moment, et ne peuvent être modifiés sans consensus/validation de ceux ci. A partir de cette technologie, on peut mettre en place des systèmes financiers, des cadastres etc. qui sont publics et non centralisés. L’émergence de cette technologie pourrait donc représenter un danger pour certaines institutions (par exemple les notaires, ou les banques qui endossent actuellement ce rôle de tiers de confiance).

RGPD (Le Règlement Général sur la Protection des Données)

Il s’agit d’un règlement de l’Union Européenne qui régit les données à caractère personnel (leur collecte, leur utilisation, leur maîtrise…). Il vise à protéger l’utilisation des données personnelles via un certain nombre de dispositifs comme par exemple l’encadrement du profilage, la demande du consentement explicite lors de la collecte de données, le droit à l’oubli… RGPD a été promulgué en 2016 et peut déboucher sur des sanctions financières importantes pour les organisations qui ne seraient pas en règle (jusqu’à 4% du chiffre d’affaires pour une entreprise).

Vous pouvez consulter ma fiche de synthèse ICI.

La CNIL

La Commission Nationale Informatique et Liberté est une institution administrative française visant à protéger les citoyens vis à vis de l’informatique. Elle possède six missions principales : « informer, réguler, protéger, contrôler, sanctionner, anticiper ».

Sujets de questions contemporaines sur le thème du « secret »

Sujets de questions contemporaines sur le thème du « secret »

Un bon moyen de savoir si vous êtes prêts pour le concours est d’essayer d’imaginer des sujets que pourrait vous poser le jury, ou même d’imaginer le sujet que vous donneriez si vous deviez le choisir.

C’est un exercice qui est loin d’être évident lorsqu’on est absorbé par ses révisions et qu’on cherche à accumuler des connaissances et des références. En effet, définir le sujet sur lequel vont plancher plusieurs milliers de candidats nécessite à mon sens deux qualités essentielles :

  • Avoir du recul sur le sujet : c’est-à-dire y avoir réfléchi en profondeur, mais en ayant réussi à synthétiser les grands enjeux et débats qui font que ce sujet est intéressant, et suscite un réel débat.
  • Avoir une vision transversale du sujet : l’épreuve de questions contemporaine est à la frontière de nombreuses matières académiques, et les candidats (ainsi que les correcteurs) ont des appétences ou des spécialisations différentes. Il convient donc de choisir un sujet qui ne favorise pas tel profil au détriment d’un autre (exemple : ne pas choisir un sujet purement philosophique ou purement sociologique), un sujet transverse à plusieurs matières.

Faire cet exercice en tant que candidat ne pourra que vous être bénéfique puisque vous allez devoir pour cela sortir d’une posture où vous cherchez à rassembler et engranger des connaissances pour une posture dans laquelle vous cherchez à problématiser et à véritablement réfléchir.

Je vous propose donc quelques idées de sujets sur le thème du secret, au programme du concours commun 2021.

Quelques sujets possibles sur le thème le « Secret »

1 ) Le Secret est-il nécessaire ? (Vous pouvez trouver un corrigé sur le thème « Le secret est-il nécéssaire en politique? », ICI)

2 ) Faut-il toujours viser à réduire le secret ? ( Une variante pourrait être « Faut-il toujours viser à limiter le secret ? » )

3) Le secret est-il acceptable en démocratie ?

4) Le secret est-il nécessaire en démocratie ?

5) Le secret est-il en danger ?

6) Comment / Peut- on concilier transparence et efficacité en politique?

Comment la science économique analyse-t-elle le thème du « secret »?

Comment la science économique analyse-t-elle le thème du « secret »?

Je vous propose aujourd’hui un article d’un format un peu nouveau sur ce blog. Il consiste à aborder l’un des thèmes de l’épreuve de questions contemporaines du concours commun des IEP de province via un angle thématique, celui du point de vue de l’économie.

Le thème « Le secret » est a priori un thème qui est plutôt analysé ou évoqué par des disciplines comme la science politique (par exemple, via les ressorts du pouvoir), la littérature (voir à ce sujet mon article sur les références sur le thème du Secret) ou la sociologie. L’économie permet néanmoins, via quelques concepts et modèles simples d’illustrer des arguments sur le thème du Secret.

Je suis personnellement passionné de sciences sociales, et en particulier d’économie, et je ne peux que vous recommander d’utiliser des références tirées des théories économiques qui permettent généralement d’illustrer des arguments de manière percutante et originale. Pour la petite histoire, c’est ce que j’ai fait dans ma copie de culture générale  au concours d’entrée de Sciences Po Lille (vous pouvez lire la copie ici). Le sujet portait sur les liens entre croyance et savoir et j’avais évoqué par exemple les concepts économiques de rationalité et de rationalité limitée.

L’économie s’intéresse au concept de secret via quelques thèmes bien précis (le secret des affaires, les théories relatives à la propriété intellectuelle etc.). Dans cet article, nous allons évoquer le secret via le thème de l’information et des différents niveau d’informations entre des acteurs différents d’un marché. Ce thème est omniprésent dans la science économique, en particulier chez les théoriciens dits « néo-classiques ».

Le théorème du prisonnier

Cette théorie est extrêmement connue, en particulier des lycéens ayant fait un bac Economique et Social. Elle constitue une manière intéressante de montrer que le non partage d’information (ou, pour être plus précis dans ce cas, l’impossibilité de partage d’une information) entraîne, par le jeu des intérêts et des stratégies individuelles, des situations qui ne sont pas les plus adaptées ou les plus enviables pour l’intérêt général (un économiste dirait des situations « sous-optimales »).

Ce théorème a été développé par Alfred William Tucker, un mathématicien expert de la théorie des jeux, une branche des mathématiques ayant beaucoup d’applications en économie. Ce théorème met en cause deux joueurs (deux prisonnier, que la police interroge séparément) qui ont chacun le choix entre nier et dénoncer/trahir l’autre prisonnier. Le cas est présenté comme suit :

  • si les deux prisonnier nient, chacun fera 6 mois de prison.
  • si les deux prisonniers dénoncent chacun l’autre, chacun fera 5 ans de prison.
  • si un prisonnier dénonce l’autre, il sera libéré et l’autre prisonnier fera 10 ans de prison.

On voit rapidement que, si les prisonniers pouvaient communiquer, ils pourraient facilement s’accorder pour nier en bloc, et écoper chacun de 6 mois de prison. N’ayant pas la possibilité de communiquer, chacun des prisonniers va être amené à dénoncer l’autre, puisque quel que soit l’action de son complice, il est plus intéressant pour lui de dénoncer l’autre (si vous n’êtes pas convaincu à ce stade, je vous invite à regarder la matrice des paiements, de l’article wikipedia consacré à ce théorème).

Cet exemple permet de montrer de manière amusante que le secret peut être préjudiciable à tous, de façon logique. Il peut donc vous aider à argumenter en faveur de restrictions des secrets (position qu’il faudra nuancer 😉 ).

Les asymétries d’information

La science économique a également étudié le secret via son aspect de dissimulation volontaire d’information d’un acteur, vis à vis d’un autre. George Akerlof, économiste américain, a  même reçu un « prix nobel » d’économie pour ses travaux sur ce sujet.

Il étudie ce qui se passe lorsque deux acteurs échangeant un bien sur un marché n’ont pas le même niveau d’information relative à la qualité de ce bien. Dans un article célèbre (c’est un des articles d’économie les plus cité au monde), intitulé  » The market for « Lemons » « , il étudie le marché des voitures d’occasion et plus particulièrement des Lemons, voitures de mauvaise qualité.

Le vendeur de la voiture connaît bien mieux que les acheteurs potentiels la qualité intrinsèque du véhicule qu’il met en vente. Sur le marché étudié, on trouve donc deux types de vendeurs :

  • les vendeurs de voitures d’occasion, qui veulent vendre leur voiture d’occasion au prix « normal » du marché
  • les vendeurs de voiture de très mauvaise qualité, qui veulent profiter du prix du marché pour vendre leur mauvaise voiture d’occasion.

La présence de ce second type de vendeur a un effet « pervers » sur les potentiels acheteurs. Ceux-ci deviennent conscients du risque de tomber sur une mauvaise occasion. Une grande majorité de ces acheteurs potentiels va donc soit quitter le marché soit revoir à la baisse leur prix d’achat maximal.

La deuxième conséquence est que les vendeurs de bonne voiture ne vont pas accepter de vendre leur voiture à un prix moindre que leur valeur réelle.

In fine, la conséquence de cette asymétrie d’information, est la destruction/la fin du marché, c’est à dire que les échanges risquent de ne plus se réaliser. On voit donc via cet exemple bien que le secret peut avoir des conséquences néfastes sur les échanges économiques.

Un moyen de lutter contre cet effet pervers peut être la mise en place de contrôles et de normes pour rassurer un certain niveau de qualité des biens vendus. Sur le marché de la voiture, on peut penser au contrôle technique ou aux diagnostics techniques d’électricité ou de gaz pour le marché de l’immobilier.

Le secret peut donc être néfaste pour les échanges, et/ou engendrer des surcoûts pour la société. En parallèle, la présence de comportements de dissimulation d’information pour être un déclencheur, par l’Etat, de mécanisme d’amélioration de la sécurité et de la qualité via la création de normes, de systèmes d’audits ou de contrôle.

L’aléa moral

Le concept d’aléa moral est également un concept mobilisable pour argumenter autour du thème du secret. C’est un effet pervers qui apparaît entre deux parties signataires d’un contrat visant à couvrir un risque. Il est particulièrement présent dans le secteur économique de l’assurance.

Ce concept désigne le fait qu’un individu se comporte différemment lorsqu’il a signé un contrat par rapport à la situation où il n’a pas signé ce contrat.

Par exemple, lorsqu’un conducteur souscrit à une assurance tout risque pour son véhicule, il peut être tenté de conduire de manière plus risquée et dangereuse. Par exemple également, un travailleur peut réduire ses horaires ou son volume de travail lorsqu’il a validé sa période d’essai.

Ce concept d’aléa moral met en évidence des comportements où l’individu souscripteur a intérêt à dissimuler sciemment ses intentions ou son comportement tant qu’il n’a pas signé ce contrat. Le secret est ici une conséquence ou un effet pervers du contrat entre les parties.

Concours de Sciences Po Grenoble 2019 : l’ouvrage à lire est dévoilé !

Concours de Sciences Po Grenoble 2019 : l’ouvrage à lire est dévoilé !

L’institut d’Etudes Politiques de Grenoble a révélé récemment l’ouvrage à lire pour le concours d’entrée 2019 en première année.

Il s’agit de l’ouvrage de Didier Eribon, Retour à Reims. Vous pouvez commander l’ouvrage ICI.

Quelques réflexions autour du livre.

Didier Eribon est un penseur et intellectuel français, dont les travaux relèvent à la fois de la sociologie et de la philosophie. L’auteur présente son ouvrage comme une « auto-analyse » c’est à dire qu’il décrit son histoire personnelle et s’en sert pour évoquer, décrire et décrypter des logiques plus universelles et théoriques. L’ouvrage est donc à la frontière de la littérature (et du genre biographique) et de l’analyse sociologique puisqu’il se sert de son cas personnel pour analyser sa trajectoire et les forces et logiques à l’œuvre dans celles ci.

L’auteur a d’ailleurs écrit par la suite un autre ouvrage intitulé La Société comme verdict. Classes, identités, trajectoires (vous pouvez acheter cet ouvrage ICI qui est un ouvrage plus universitaire et théorique sur ce sujet, et en particulier sur l’impact de l’acceptation par les individus de ce que la société leur renvoi en terme d’identité et de déterminisme.

Les thèmes évoqués dans le livre sont multiples : classes sociales, la culture (ou plutôt les différentes pratiques culturelles des groupes sociaux), la mémoire, les transfuges de classes, les déterminismes sociaux…

Quelques rappels sur le concours d’entrée en première année à Sciences Po Grenoble.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble ne fait pas partie du concours commun. Il reste néanmoins particulièrement intéressant à préparer, en particulier pour les raisons suivante :

  • L’IEP de Grenoble est l’un des IEP les plus anciens (il a été créé en 1948) et est un des Instituts d’Etudes Politiques de province les mieux dotés en terme de budget.
  • Le concours peut convenir à tout le monde : il est ouvert au candidats qui seront bacheliers l’année du concours mais aussi aux candidats ayant déjà le bac. La particularité du concours est que 50% des places sont réservées aux bacheliers de l’année, et 50% des places sont réservées aux bacheliers des années précédentes. Lorsque vous passez le concours, vous n’êtes donc en réalité en concurrence qu’avec la moitié des candidats présents.
  • Le relatif éloignement de Grenoble peut également dissuader des candidats de passer le concours, augmentant mécaniquement vos chances de réussite 🙂
  • Le concours accorde une part plus faible à l’épreuve de langue : si les langues vivantes ne sont pas votre fort, le concours de Sciences Po Grenoble peut être le concours que vous avez le plus de chance de réussir.

Le concours aura lieu le samedi 4 mai 2019, à Grenoble.

Les épreuves comportent deux épreuves seulement :

  • une épreuve de langue (allemand, anglais, espagnol, italien ou arabe au choix du candidat) : Cette épreuve représente un coefficient 1 sur 4. (soit 25% de votre note seulement).
  • une épreuve sur un ouvrage d’histoire contemporaine qui comporte deux volets :
    • Deux questions sur l’ouvrage (chacune notée sur 3 points)
    • Une dissertation d’ouverture sur les thèmes de l’ouvrage qui sera centrée sur l’histoire et l’actualité.
    • Cette épreuve représente un coefficient 3 sur 4.

Quelques conseils de lecture et ressources utiles pour mettre en perspective l’ouvrage et préparer le concours de Sciences Po Grenoble.

Le jury du concours a proposé quelques pistes de lecture à explorer pour préparer le concours. Il s’agit d’une première liste qui reste sommaire. Elle est accessible ici.

Vous trouverez ci dessous quelques ouvrages à lire pour préparer le concours :

En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis :  Edouard Louis a dédié son livre à Didier Eribon et explique que c’est la lecture de retour à Reims qui l’a poussé à écrire En finir avec Eddy Bellegueule. Ce livre a connu un grand succès à sa sortie et évoque des thèmes communs avec retour à reims : la reproduction sociale, les classes sociales…

Achetez le livre ICI.

La Place ou La Honte de Annie Ernaux : les ouvrages de Annie Ernaux évoque souvent en filigrane des questions qui sont également évoqués dans les ouvrages de sociologie. Ses livres sont relativement souvent étudiés pour le bac français en section ES. Si c’est votre cas (c’était le mien lorsque j’ai passé le bac français), il est temps de ressortir vos cours à ce sujet 😉

Achetez le livre La honte ICI

Achetez le livre La Place ICI

Esquisse pour une auto-analyse de Pierre Bourdieu : Pierre Bourdieu se livre à une auto-analyse de sa carrière universitaire. Une particularité intéressante est que, comme Didier Eribon, Bourdieu est sociologue et est issu d’un milieu populaire.

Achetez le livre ICI

Vous pouvez également consulter le blog de Didier Eribou à cette adresse : http://didiereribon.blogspot.com/

Comment intégrer Sciences Po Aix en deuxième année?

Comment intégrer Sciences Po Aix en deuxième année?

Je poursuis ma série d’article (voir par exemple l’article sur le concours « sciences sociales » en deuxième année de Sciences Po Lyon)  sur les concours d’entrée aux Instituts d’Études Politiques (IEP) en deuxième année.

Outre, le concours commun, qui vous permet d’intégrer un IEP en première année, certains IEPs de province restent en effet accessibles pour une entrée en deuxième année. C’est notamment le cas de l’IEP d’Aix, auquel est consacré cet article.

Mise à jour de l’année 2020 : les thèmes et les conseils de lecture pour 2020 sont accessibles dans cet article.

Quelles sont les conditions d’accès à ce concours ?

Comme pour le concours d’entrée à l’Institut d’Etudes Politique de Lyon, le concours d’entrée à Sciences Po Aix est ouvert aux candidats et étudiant ayant validé 60 crédits ECTS ou qui auront validé ces 60 ECTS à l’issue de l’année scolaire du concours.

Le public visé par le concours est assez diversifié compte tenu des épreuves proposée (voir le prochain paragraphe). L’épreuve contient une épreuve de spécialité, qui peut convenir à de nombreux étudiants qui suivent actuellement un cursus en faculté / université (économie, sciences politique, histoire, droit constitutionnel). Les étudiants suivant un cursus en classe préparatoire littéraire ou économique sont également des candidats naturels pour ce type de concours.

Le premier prérequis est de disposer d’un bagage suffisant en langue (anglais, allemand espagnol ou italien sont les quatre langues proposées au concours) et de préparer deux thèmes.

30 places sont ouvertes pour ce concours, ce qui constitue une nouvelle chance pour intégrer un IEP.

Quelles sont les épreuves et le programme ?

Le jury de l’épreuve a mis en place 3 épreuves pour ce concours. (le règlement intérieur du concours est accessible ici). Je les détaille ci-dessous par ordre de coefficient, du plus élevé au moins élevé (cf. l’article réviser Sciences Po efficacement) :

  • Une épreuve de spécialité (coefficient 3): il s’agit d’une dissertation d’une durée de 3 heures. Le candidat peut choisir entre 4 spécialités :
    • Histoire : Attention, le programme est « l’Europe 1848 – 1945 ». Ce programme n’est pas forcément identique aux autres concours que vous préparez, prenez donc garde à ne pas faire d’impasse.
      • Mon avis sur le programme : Du printemps des peuples à la fin de la seconde guerre mondiale, qui a déchiré l’Europe, ce programme est extrêmement intéressant au regard des changements politiques (au sens des institutions) ayant eu lieu sur la période et au regard d’un prisme particulier, celui de la montée des « nationalismes ».
    • Economie : C’est un programme assez classique qui est proposé. Les candidats de prépa (CPGE) BL et ECE/ ECS devraient se régaler.
      • Microéconomie : Théorie du consommateur, producteur, concurrence pure et parfaite, monopole, oligopole, asymétries d’information, équilibre général et optimum économique
      • Macroéconomie : La croissance économique, le chômage, la monnaie, l’inflation, les politiques économiques
      • Mon avis sur le programme : pas de grosse surprise en terme de programme. Les aspects internationaux ne sont pas évoqués stricto sensu (commerce international par exemple) mais restent en filigrane de thèmes comme les politiques économiques.
    • Sciences Politiques :
      • Le pouvoir politique, l’Etat, les régimes politiques, les partis politiques et les groupes d’intérêt, les mouvements sociaux, le vote, la socialisation politique
      • Durkheim, Marx, Tocqueville, Weber
      • Mon avis sur le programme : Là encore, un programme assez classique, pour lequel je ne peux que vous conseiller mes conseils de lecture en sciences politiques. Le fait de citer des auteurs classiques dans le programme à réviser doit vous inciter à travailler les liens entre ces auteurs et les thèmes.
    • Droit Constitutionnel :
      • Notions fondamentales (L’Etat, les formes d’Etat, la Constitution, le suffrage politique, la séparation des pouvoirs, le contrôle de constitutionnalité).
      • Régimes politiques étrangers (Royaume-Uni, Etats-Unis, Allemagne, Espagne, Italie).
      • Institutions politiques françaises (Histoire constitutionnelle française, la Vème République et ses évolutions).
  • Une épreuve de langue : L’épreuve (coefficient 2) est du même type que pour le concours commun de 1ère année avec 3 parties (compréhension écrite, synonymes et essai).
  • Une épreuve de questions contemporaines : Là encore, l’épreuve ressemble au concours commun de première année, avec des thèmes qui sont différents, à savoir :
    • L’éducation : le thème est très intéressant. Pour le préparer, vous pouvez puiser beaucoup d’éléments dans les nombreux travaux réalisés en sociologie (voir les travaux de Marie Duru-Bellat qui a a publié des travaux de vulgarisation et des manuels  sur l’école (voir ICI) et l’éducation, mais aussi des essais et des ouvrages plus techniques (voir ICI)).
    • L’Europe : ce thème est également extrêmement contemporain (débats sur le Brexit, proposition d’Emmanuel Macron de former une « armée européene …). Sur ce thème, je vous invite à délimiter clairement ce qu’on entend par Europe (L’Europe Géographique? , l’Union Européene ? , L’Espace Shengen? …) et à suivre de près l’actualité.
  • Les thèmes du concours de l’année 2020 en questions contemporaines sont la guerre et l’image : Retrouvez mes conseils de lecture dans cet article.

Quel est le calendrier d’admission pour ce concours?

Les inscriptions au concours d’entrée en deuxième année doivent être faite via le site internet dédié :

https://inscription.sciencespo-aix.fr/

Le site indique que les inscriptions démarreront à partir de janvier 2019 et le concours aura lieu le samedi 16 mars 2019. 

Comme à chaque fois, si vous souhaitez passer le concours, je vous invite à vous inscrire au plus tôt et à réserver vos billets de train et d’hébergement, au plus vite 😉

Comment réviser efficacement pour le concours de Sciences Po?

Comment réviser efficacement pour le concours de Sciences Po?

Vous êtes nombreux à me poser des questions liées à la méthodologie de travail à adopter pour intégrer Sciences Po ou un Institut d’Etudes Politiques. La préparation et la réussite du concours nécessitent en effet des méthodes et une organisation plus efficaces que celles nécessaires à la préparation du bac par exemple. Je développe dans cet article quelques pistes de réflexion pour vous aider à être performant dans vos révisions et réussir à intégrer l’IEP de vos rêves !

Conseil n°1 : utilisez la loi de Pareto pour prioriser vos révisions.

La loi (ou le principe de Pareto) de Pareto énonce que 20% des actions produisent 80% des effets. C’est un principe qui est très souvent utilisé en entreprise (gestion de projets ou gestion des risques par exemple). Il consiste à identifier les éléments produisant le plus d’effet pour les mettre en œuvre en priorité.

Si on transpose ce principe aux révisions nécessaires pour réussir le concours de Sciences Po, 20% du volume total de vos révisions contribuerait à 80% de votre note finale le jour du concours. On comprend tout de suite l’intérêt d’identifier ces éléments et de travailler en priorité ces points.

Vous pouvez décliner ce principe de plusieurs manières :

  • Priorisez via les coefficients : pour le concours commun des IEP de province, l’épreuve d’histoire a un coefficient 3, l’épreuve de questions contemporaines a un coefficient 3 et l’épreuve de langue un coefficient 2. Le concours de l’IEP ne sélectionne généralement pas des candidats ayant eu une mauvaise note (inférieure à 6/20) et il serait suicidaire de faire totalement l’impasse sur une matière en particulier, mais dans la dernière ligne droite, si vous devez prioriser entre un chapitre d’histoire et un thème de civilisation de langue, pensez-y !
  • Priorisez dans le contenu de vos révisions : les concours des IEP ne donnent pas les programmes à réviser mais vous pouvez néanmoins identifier facilement des thèmes ou des parties qui ne seront pas utiles dans la plupart des cas. Par exemple, sur le thème de questions contemporaines « le secret », ne vous concentrez pas sur le thème des « secrets de famille », qui est mineur, n’est pas lié à une actualité particulière etc. De même, si vous choisissez l’anglais en épreuve de langue, concentrez-vous sur des thèmes de civilisation touchant le Royaume-Uni et les États-Unis plutôt que sur l’histoire de la Nouvelle-Zélande par exemple.
  • Priorisez les questions le jour de l’épreuve : ce conseil s’adapte particulièrement pour l’épreuve de langue. Celle-ci comporte 3 parties (compréhension, vocabulaire, expression), ayant des contributions différentes à la note finale. La majeure partie des candidats se concentrent sur les questions de compréhension et de vocabulaire. Je vous conseille au contraire de commencer par l’épreuve d’expression, qui apporte le plus de point et qui vous pénalisera si vous n’arrivez pas à le finaliser parceque vous avez passé trop de temps sur les questions précédentes.

Conseil n°2 : coupez toutes les sources de distractions inutiles.

La majorité des gens efficaces sont des gens qui savent se concentrer et rester focalisés sur ce qu’ils font. Je vous conseille donc de délimiter les créneaux consacrés uniquement à vos révisions pour les concours et de vous y tenir. Si vous avez défini un créneau d’une heure pour réviser votre histoire, tenez-vous-y, et lorsque vous êtes en train de réviser, faîtes le vide autour de vous :

Mettez votre téléphone en mode avion / coupez les notifications : si vous discutez en parallèle de vos révisions, vous ne serez pas assez concentré pour retenir ce que vous avez lu.

Éteignez/déconnectez votre ordinateur/tablette : comme pour le smartphone, l’ordinateur est un aimant à distractions. Combien de fois avez-vous lancé une recherche internet pour réviser et êtes-vous passé rapidement à une session d’une heure ou plus sur les réseaux sociaux ?

Travaillez sur un bureau rangé : si vous n’avez que votre livre/cahier devant vous, votre esprit sera focalisé uniquement sur ce point, pour une révision efficace.

Éteignez la musique/radio/tv : les études scientifiques montrent que notre cerveau a du mal à se concentrer sur ce qu’il est en train de lire, si en parallèle, il écoute ou entend du bruit. C’est d’autant plus le cas, si ce que vous écoutez est dans votre langue. Si vous voulez quand même un petit bruit de fond, ne mettez pas le son trop fort, et privilégiez des morceaux de musique en langue étrangère ou des morceaux mélodiques/classiques.

Mettez-vous au calme : jardin, chambre, bibliothèque etc. trouvez un endroit dans lequel vous êtes au calme et efficace et privilégiez celui-ci !

Des études montrent que lorsqu’on est interrompu, le cerveau met quelques minutes à se reconcentrer sur ce qu’il faisait auparavant. Vous comprendrez donc facilement qu’une conversation sur votre téléphone en parallèle de vos révisions peut ruiner votre session de révisions.

Conseil n°3 : profitez de vos pauses ou de vos temps morts pour réviser sans y penser.

Pour tenir le rythme dans la durée, vous devez vous ménager des temps de décompression et de loisirs. Pendant votre année de révisions, je vous conseille de continuer vos activités sportives ou associatives. Elles contribuent à votre équilibre global et vous permettront de rester performant dans la durée.

Au niveau de vos pauses ou temps « perdus » (transports etc.), vous pouvez changer vos habitudes à la marge pour réviser sans y penser. Quelques exemples non exhaustifs qui peuvent faire la différence :

  • Regardez vos séries/films en Version Originales (VO) ou en Version Originale Sous Titrées (VOST) : vous vous habituerez très vite à ce changement mineur, et en douceur, sans réel travail, vous allez progresser en langue.
  • Regardez des films sur les thèmes à réviser : je vous ai fait un article sur les films sur le thème du secret, vous pouvez le retrouver ici. retrouvez également mes conseils de films sur le thème « révolutions« 
  • Lisez des romans en lien avec l’histoire et/ou avec les thèmes étudiés en question. Je vous donne des exemples de lecture dans ces articles : sur le numérique, sur le secret, sur les révolutions.
  • Ecoutez des podcasts dans le bus ou le métro.

Conseil n°4 : identifiez et utilisez vos réservoirs à motivation.

L’admission à Sciences po ou à un IEP passe par les compétences scolaires, mais aussi par votre mental, votre détermination.

Pour tenir le rythme soutenu des révisions pour le concours des IEP dans la durée, vous devez réussir à trouver des leviers de motivation et à les mobiliser lorsque vous connaitrez une baisse de motivation. Sur une année de préparation au concours, vous allez forcément avoir des moments pendant lesquels vous serez moins efficaces ou moins motivés. Ceux-ci peuvent avoir des causes diverses (météo qui impacte votre moral, contrariété ou soucis personnel qui remet en question vos objectifs, mauvaise note à un concours blanc qui vous démotive etc. etc.).

Je vous conseille donc de préparer des réservoirs à motivation pour vous remobiliser rapidement lorsque vous sentez ces moments arriver. Ils peuvent être très variés. Certain(e)s se sentent mieux après une séance de running, une partie de jeu vidéo, un coup de téléphone à un ami ou après avoir écouté tel ou tel morceau de musique.

Identifiez ces moments/actions qui vous apaisent et vous aident et notez-les sur une liste. Dès que vous sentez que vous êtes dans une situation de baisse de motivation, n’attendez pas. Actionnez un de ces leviers, et reprenez votre travail.

Pour combattre le doute, un bon moyen est de lister vos réussites de l’année qu’elles soient liées aux révisions ou non (exemple : j’ai réussi à obtenir 15 en anglais à mon concours blanc, j’ai progressé au foot/à l’escalade etc.) et de relire cette liste pour vous booster lorsque vous doutez de votre capacité à réussir le concours.

Conseil n°5 : calculez votre charge de révision et établissez un planning, même sommaire

La préparation du concours est un exercice d’endurance pour lequel il vous faudra un minimum d’organisation pour ne pas faire l’impasse sur une ou plusieurs parties importantes du programme. C’est un risque d’autant plus réel que l’année avancera et que des échéances importantes approcheront (le bac, les autres concours etc).

Pour vous assurer que votre charge de travail est équilibrée (par exemple : vous révisez trop l’histoire et pas assez l’anglais) vous pouvez vous aider de quelques outils d’organisation simples.

Le premier est de lister (de manière grossière) le temps disponible que vous estimez avoir par semaine jusqu’au concours (exemple : 10 heures par semaine) et de lister l’ensemble des chapitres ou des thèmes à ficher ou à réviser par matière. Cela vous donnera de manière globale, le temps à passer par sujet ou par thème à consacrer. Par exemple, vous saurez que vous avez 5 heures pour réaliser une fiche d’histoire complète sur un thème (la décolonisation ou la construction européenne). Vous pourrez voir si vous êtes trop long (ou trop rapide) pour travailler sur tel ou tel point du programme.

Le deuxième est de planifier sur votre semaine des créneaux dédiés à un sujet ou une matière (exemple : tous les mardi soir de 17h30 à 18h30, révision du vocabulaire d’anglais). Si vos temps de révision sont planifiés de manière équilibrée, vous devriez pouvoir réviser toutes les matières de manière efficace.

Les livres à lire sur le thème « La pauvreté »

Les livres à lire sur le thème « La pauvreté »

Il y a quelques temps, je vous ai proposé un article vous présentant comment intégrer Sciences Po Lyon en deuxième année. Je vous y expliquais notamment que l’admission nécessite le passage d’un concours, appelé « concours sciences sociales ».

Cette année, le thème choisi par le jury est le thème « pauvreté ». Deux épreuves du concours seront axées sur ce thème :

Vous pouvez acheter ce livre ICI.

  • une épreuve de dissertation de sciences sociales sur le thème « pauvreté » : il s’agit d’une dissertation sur le thème pauvreté. A noter que le sujet posé par le concours pourra porter sur plusieurs discipline/approches (sociologie, économie, histoire, géographie, anthropologie, sciences politique…)

Je vous propose dans cet article de passer en revue, discipline par discipline, les ouvrages à lire et à ficher pour réussir cette épreuve de dissertation de sciences sociales.

Sociologie de la pauvreté

Le thème de la pauvreté est beaucoup étudié par la sociologie et je vous conseille en particulier les ouvrages suivants :

Pierre Bourdieu : La misère du monde.

Cet ouvrage collectif, dirigé par Pierre Bourdieu propose d’aborder le thème de la pauvreté et de la misère via un ensemble de monographies. l’ouvrage est plaisant à lire puisqu’il alterne les études de cas et monographies et les passages explicatifs et théoriques. La thèse qui sous-tend cet ouvrage majeur est de montrer le rôle important de l’État dans le maintien de la pauvreté.

Acheter le livre ICI.

Robert Castel : Les métamorphoses de la question sociale

Ce livre est également une référence majeure du sujet de la pauvreté. L’ouvrage étudie le salariat et en décrit l’histoire. Il montre l’apparition des systèmes de gestion des pauvres et de la pauvreté et décrit le fait qu’à sa création, le salariat est un système de contrôle social des « pauvres ».

Acheter le livre ICI.

Erving Goffman : Stigmates

Stigmates est un livre important dans l’histoire de la sociologie, et en particulier de la sociologie de la déviance, de l’exclusion et du handicap. La stigmatisation est en effet un des ressorts important de la définition d’un individu comme étant un « pauvre ».

Acheter le livre ICI.

Serge Paugam : La disqualification sociale. Essai sur la nouvelle pauvreté et les formes élémentaires de la pauvreté.

Serge Paugam est à l’origine de travaux largement diffusés sur la pauvreté, et en particulier à la définition de 3 types de pauvretés : la « pauvreté intégrée », la « pauvreté marginale »,
la « pauvreté disqualifiante ».

Acheter la disqualification sociale ICI

Acheter les formes élémentaires de la pauvreté ICI

L’économie et la pauvreté

La pauvreté a été étudiée par de nombreux économistes et penseurs économiques (Ricardo, Marx, Adam Smith …). Si vous n’êtes pas familier avec  l’économie, je vous conseille de lire une synthèse d’histoire de la pensée économique. Vous pouvez également lire cet article d’introduction (Les économistes et les pauvres) accessible sur CAIRN.

Le Capital au 21ème siècle de Thomas Piketty.

Je vous recommande ensuite, de vous intéresser aux travaux liés aux inégalités. Pour cela, la principale référence Le livre de Thomas Piketty, Le Capital au XXIème siècle. C’est un livre assez long, mais très pédagogique et qui se lit très bien, même pour les non-initiés. Si vous n’avez pas le temps de le lire, je vous conseille le Que-sais-je du même auteur, sur l’économie des inégalités accessible ICI.

Acheter le livre ICI.

Daniel Cohen  Richesses du monde, pauvreté des nations

Daniel Cohen propose un essai sur la base d’une question simple : le monde n’a jamais été aussi riche, et pourtant il y a de plus en plus de pauvres. Il analyse l’impact de la mondialisation sur les nations, et la montée de la pauvreté.

Acheter le livre ICI.

Amartya Sen et son approche des « capabilités« .

L’économiste indien, lauréat du prix nobel d’économie a effectué un changement de paradigme sur la pauvreté, en introduisant la notion de « capabilité » : « Par libertés substantielles, j’entends l’ensemble des « capacités » élémentaires, telles que la faculté d’échapper à la famine, à la malnutrition, à la morbidité évitable et à la mortalité prématurée, aussi bien que les libertés qui découlent de l’alphabétisation, de la participation politique ouverte, de la libre expression, etc. » (Amartya Sen, Un nouveau modèle économique. Développement, justice, liberté.)

Acheter le livre ICI.