Catégorie : Concours 2ème année

Comment faire une introduction percutante ?

Comment faire une introduction percutante ?

L’article d’aujourd’hui traite d’un sujet particulièrement important dans l’optique de la réussite de votre concours : l’introduction de votre dissertation.

C’est en effet la partie la plus délicate de votre composition. Il s’agit tout d’abord de la première impression que le correcteur aura de votre travail, et il convient donc de soigner celle-ci. Pour avoir corrigé à plusieurs reprises des copies de concours blancs, force est de constater que, à la fin de la lecture de l’introduction, le correcteur a déjà une idée précise de la fourchette de note qu’il attribuera à la copie. L’introduction est ensuite la partie de la dissertation qui révèle si les étapes d’analyse du sujet et de problématisation ont été réalisées. Une introduction sans réelle problématisation sera généralement extrêmement plate et banale à la lecture. Une introduction avec une analyse partielle ou erronée du sujet (et des mots-clés qui le compose) sera également immédiatement identifiée et décèlera un hors sujet, ou un traitement partiel de celui-ci.

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1) Respectez les étapes et les attendus de l’introduction

La dissertation est un exercice qui est défini par un certain nombre de règles formelles que vous devez impérativement respecter. Ne pas suivre la forme demandée conduira le correcteur à vous sanctionner. Les attendus indispensables de votre dissertation sont les suivants : une analyse et une définition des termes du sujets, une problématique pertinente et l’annonce du plan de votre argumentation (donc de la dissertation).

a) L’accroche du sujet

L’accroche de l’introduction n’est à mon sens pas indispensable et est à réserver uniquement si vous tenez une « bonne accroche » (pertinente et originale). Mieux vaut ne pas vous forcer à intégrer une accroche plutôt que de faire une accroche banale voire inexacte (évitez les poncifs du type « de tout temps, …  » ou  » Les gens pensent généralement que … « ).

b) l’analyse des termes du sujet

Cette étape est le prérequis indispensable à la construction de votre problématique et c’est une étape qui ne doit pas être négligée. Une analyse trop rapide peut vous faire rater un aspect du sujet ou même vois conduire à un hors-sujet. À titre personnel, je recommande de passer minimum 20 à 30 minutes sur cet aspect. Une analyse rigoureuse vous permettra de plus de construire une problématique pertinente.

Le moyen que j’utilisais pour l’analyse du sujet était de réécrire l’intitulé exact du sujet au milieu d’une feuille de brouillon, et de passer en revue un à un chaque mot du sujet, sans en oublier aucun. Certains sont bien entendu beaucoup plus importants que d’autres mais cette méthode permet de n’en publier aucun. La deuxième étape était de définir chaque mot, puis de me poser les questions suivantes « pourquoi ce mot a-t-il été utilisé? » et « quel autre mot aurait pu être utilisé? ». Les éléments importants sont notés sur la feuille de brouillon et reliés au mot étudié. Cela évite d’oublier des aspects importants du sujet, et surtout cela permet de se mettre dans une posture de recherche de problématique. Le fait de se demander pourquoi tel ou tel mot a été utilisé met en effet votre esprit dans une optique de recherche de la question suivante « pourquoi le jury m’a posé cette question? ».

c) une problématique pertinente

Si votre étape de définition des termes du sujet et votre analyse de celui-ci a été faite rigoureusement, vous serez vite en capacité d’identifier pourquoi le jury vous a posé ce sujet (et pas un autre). Il y a généralement plusieurs raisons pour laquelle le jury choisit un sujet au détriment d’un autre : la première est que le sujet présente une ou des problématiques intéressantes (et le jury attends alors de vous que vous identifiiez celle-ci et proposiez une réponse argumentée et pertinente, et non pas une réponse « café du commerce »), la deuxième est que le sujet présente un ou des enjeux importants (par enjeu, je veux dire un problème plus vaste et plus important qui se cache derrière le sujet. Par exemple, derrière le thème du secret peut se cacher un enjeu plus important qui peut être les fondements de la démocratie), le troisième est que le sujet choisi doit permettre d’échelonner les notes attribuée de manière efficace (il ne faut pas oublier que le but du concours est de « trier » les candidats).

Un bon moyen de mettre en évidence une problématique est de trouver une opposition interne au sujet. Celle-ci peut provenir directement de l’intitulé du sujet si c’est une question, de l’opposition ou du rapprochement entre deux termes du sujet etc. etc.

Attention cependant aux problématiques trop évidentes ! Je vous donne un exemple de sujet : L’individu contre la société. A première vue, la problématique qui vient vite à l’esprit est l’opposition entre l’individu d’une part, et la société qui tend à le contraindre. C’est d’ailleurs certainement la problématique qui émergera de la majorité des copies. Si vous avez appliqué la méthode d’analyse du sujet que je vous ai suggéré, vous allez devoir vous pencher sur le terme « contre ». Pourquoi le jury n’a pas intitulé le sujet « l’individu et la societé »? Et surtout, que recouvre le contre? Est-il uniquement une opposition ou ne peut-on pas comprendre « l’individu contre la société » au sens d’être appuyé, d’être adossé? (je suis appuyé contre un mur, par exemple). Vous voyez bien que chaque mot du sujet peut avoir son importance et faire évoluer la problématique que vous soumettrez au correcteur.

d) L’annonce du plan

Ai-je vraiment besoin de détailler cette étape? Il faut juste expliquer en quelques phrases le plan que vous allez suivre. Je vous déconseille les très scolaires « Dans un premier temps, … « , que vous pouvez facilement remplacer par une phrase du type « Si [le diplôme peut être vu comme un facteur d’inégalités importantes sur le marché du travail], [les nouvelles formes de travail montrent que son rôle se réduit…..] » .

2) Allez à l’essentiel

L’introduction étant la partie la plus importante de votre copie, n’ayez pas peur de développer celle-ci. Vous pouvez sans problème réaliser une introduction d’une page et demi, et en tout cas jamais en dessous d’une page. Je vous conseille néanmoins d’aller à l’essentiel lors de la rédaction de celle-ci, en évitant notamment les phrases trop alambiquées. Celle-ci doit être agréable à lire, et bien souvent cela passe par des phrases courtes, bien construites et reliées entre elles par des connecteurs logiques. Deux points me semblent particulièrement importants à retenir.

Le premier est assez simple à comprendre. Votre correcteur aura certainement un paquet de copie important à corriger. Vous ne savez pas si votre copie sera la 83ème copie de sa journée, ou s’il corrige celle-ci le soir, après une longue journée. Il y a de grandes chances que de nombreux candidats utilisent des arguments similaires, des références communes etc. etc. Il est possible qu’au moment de la lecture de votre copie, son esprit soit un peu moins concentré. Écrivez donc dans un style simple pour lui faciliter la tache. Cela lui permettra de mettre rapidement en évidence que vous avez bien défini les aspects du sujet, et mis en évidence une problématique.

Le deuxième tient au fait que la fonction de l’introduction n’est pas la même que les autres parties de la dissertation. Posez-vous la question de ce qui est évalué dans votre travail ( je ferai un article détaillé à ce sujet) : -Introduction : on cherche à évaluer votre capacité d’analyse du sujet, et votre capacité à formuler un problème.

-Développement : c’est votre érudition (les connaissances, références, exemples…), ainsi que votre capacité à argumenter qui sont évalués.

-Conclusion : c’est votre capacité de synthèse qui est évaluée.

On voit bien que le but de l’introduction n’est pas de montrer que vous maitrisiez beaucoup de références, mais uniquement de montrer que vous savez mettre en évidence une problématique et cadrer le sujet. Vous pouvez (et vous devez) faire simple à ce stade de la dissertation.

3) Travaillez sur la fluidité et l’originalité

Si les deux étapes précédentes sont acquises pour vous et ne vous posent pas de problèmes particuliers, vous pouvez vous atteler à améliorer ces deux derniers points, qui vous permettront de sortir du lot. J’insiste cependant sur le fait qu’il est indispensable de maitriser l’analyse du sujet et de la problématisation avant de vouloir travailler sur ce troisième volet.

Une des complexités de la rédaction d’une bonne introduction réside dans le fait qu’il faut définir les termes du sujet et faire émerger une problématique sans pour autant que cela soit trop « mécanique ». Il est donc impératif de travailler de manière fine votre introduction et je vous conseiller de rédiger celle-ci en intégralité au brouillon, pour construire un enchainement fluide depuis la définition des termes jusqu’à la problématique. Le moyen que j’utilisais pour vérifier que mon introduction était agréable à lire était de relire celle-ci, dans ma tête, mais comme si je devais la lire devant une assemblée de personnes.

Dernière axe de progrès, enfin, l’amélioration de votre originalité, pour vous démarquer. Cela peut se faire via le choix de références, l’utilisation de citations, l’utilisation d’exemples variés et qui sortent des sentiers battus. Le but est que le jury se rappelle de cette copie qui citait Molière sur un sujet n’ayant a priori pas de liens. Vous pouvez pour cela vous aider de références littéraires ou cinématographiques (voir par exemple mon article sur les références sur les révolutions ou le secret qui incluent des œuvres littéraires ou mon article sur les films : réviser l’épreuve de questions contemporaines avec quelques films ), en faisant par exemple une fiche avec les citations qui peuvent être utiles.

Le programme du concours d’entrée en 2ème année de Sciences Po Lyon

Le programme du concours d’entrée en 2ème année de Sciences Po Lyon

C’est la rentrée et c’est donc le moment pour les Instituts d’Études Politiques de dévoiler les programmes des concours d’entrée spécifiques (hors concours communs du réseau scpo). Sciences Po Lyon a publié il y a peu le programme de ce qui sera en 2020 la 3ème édition du concours d’entrée en 2ème année ou concours ‘Sciences Sociales ».

Le concours 2020 aura lieu le 14 mars 2020 à Sciences Po Lyon. La date limite d’inscription n’a pas encore été publiée par l’IEP de Lyon.

Pour 2020, les modalités générales du concours ne changent pas et les conseils que je vous avais donné dans mon article « Comment intégrer Sciences Po Lyon en 2ème année? » restent inchangés.

En revanche, le thème qui sera à l’honneur en 2020 est un thème central des Sciences sociales, à savoir la « mobilité sociale. »

L’ouvrage au programme du concours est lié à l’analyse des mobilités sociales descendantes, à savoir le déclassement social (qu’il soit réel, ou « ressenti »), en opposition aux trajectoires d’ascension sociale. C’est d’ailleurs le titre choisi pour cet ouvrage : Le déclassement, de Camille Peugny.

Vous pouvez acheter l’ouvrage ici.

C’est un ouvrage qui est paru il y a déjà 10 ans mais qui reste une référence d’analyse de ce phénomène, et qui a connu un succès important à sa sortie.

Les conseils de révision pour le concours.

Globalement, mes conseils sont les mêmes que ceux que j’ai évoqué dans l’article consacré au concours 2019.

Vous pouvez commencer par lire cette interview de Camille Peugny à l’ENS Lyon, accessible ici

Au niveau de l’approche pluri-disciplinaire que je recommande d’adopter pour le concours, le thème des mobilités sociales est un objet d’étude principalement sociologique.

Vous pouvez tout de même ajouter une approche pluridisciplinaire :

  • économique : avec l’étude de la mobilité économique ou patrimoniale. A ce titre, je vous conseille de vous référer aux travaux de Jérôme Bourdieu sur l’étude de la mobilité patrimoniale, ou encore de Thomas Piketty (notamment son livre Le Capital au XXIème siècle). Si vous êtes « spécialisé » en économie, vous pouvez également faire appel avec succès à certains travaux sur le marché du travail et le rôle du réseau dans la recherche d’emploi et l’accès à certains postes.
  • géographique : avec l’étude spatiale des inégalités par exemple et leur rôle dans la reproduction sociale. Voir par exemple le livre d’Eric Maurin sur le Ghetto Français.

Mes conseils de lecture sur le thème de la Mobilité sociale.

1 ) Un ouvrage sur la reproduction des inégalités via l’école.

Le rôle de l’école dans la reproduction des inégalités est un sujet d’études important en sociologie, et il fait l’objet d’une littérature abondante.

Je vous recommande de lire et de ficher l’ouvrage de Pierre Bourdieu et jean-Claude Passeron, Les Héritiers, les étudiants et la culture (1964).

Pour approfondir le sujet, je vous conseille de lire une synthèse sur la sociologie de l’éducation, en particulier le repère Sociologie de l’école de Marie Duru-Bellat, qui est la sociologue française de référence sur le thème de l’éducation.

Acheter Les Héritiers ici.

Acheter Sociologie de l’école ici.

2 ) Un ou plusieurs ouvrages sur la thématique de la stratification sociale et/ou des classes sociales, et leurs dynamiques.

De nombreux ouvrages existent à ce sujet, qui est également un thème central de la sociologie. Pour préparer le concours, utilisez un manuel général de sociologie et fichez le chapitre consacré aux classes sociales.

Si vous n’avez pas déjà un manuel généraliste de sociologie, je vous recommande l’excellent Précis de Sociologie de Philippe Riutort, que vous pouvez acheter ici. Si vous êtes actuellement dans un cursus de sociologie, ce manuel sera indispensable pour vos études.

Je vous recommande également de lire deux publications de Louis Chauvel :

  • un article universitaire : « Le retour des classes sociales? « 
  • un court essai de sociologie :  » les classes moyennes à la dérive » qui étudie les dynamiques sociales à l’œuvre et le déclassement de plus e plus important de la « classe moyenne », que vous pouvez trouver ici.

3 ) Un point sur les outils de techniques de mesure de la mobilité sociale.

Un bon moyen de se distinguer des autres candidats et de montrer que vous posséder une rigueur scientifique et une connaissance des méthodes utilisées en sciences sociales est de travailler sur les outils utilisés pour mesurer la mobilité sociale.

En particulier, vous devez pouvoir expliquer ce qu’est une table de mobilité, comment elle fonctionne etc. De manière générale, l’ensemble des outils utilisés pour mesurer les inégalités et leurs évolutions (quartiles, coefficient de gini etc.), peuvent être mobilisés mais doivent également être questionné (en quoi l’outil de mesure utilisé peut influencer sur les résultats observé).

Si vous cherchez des idées du sujets sur le thème de la mobilité sociale, je vous invite à consulter mon article sur ce sujet.

Comment réviser la culture générale en 1ère ou en 2nde ? Les livres à lire en priorité

Comment réviser la culture générale en 1ère ou en 2nde ? Les livres à lire en priorité

Les difficultés de l’épreuve de culture générale

L’épreuve de culture générale est l’épreuve reine du concours de Sciences Po, et des Instituts d’Etudes Politiques, quels que soit le concours d’entrée visé.

Les IEPs de province ont certes modifié le libellé de l’épreuve de culture générale en la rebaptisant « questions contemporaines », mais elle n’en demeure pas moins sur le fond une épreuve de culture générale (avec une orientation plus axée sur l’actualité contemporaine, et un champ délimité par les thèmes au programme).

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Cette épreuve est une des épreuves les plus difficiles parce qu’elle demande deux caractéristiques dont les candidats manquent souvent :

Le temps : 


L’épreuve de culture générale, sans programme prédéfini, et avec des champs de connaissance tirés de tous les domaines intellectuels, artistiques, scientifiques etc. est une épreuve difficilement « bachotable ». Elle ne s’acquiert pas en lisant un manuel de culture générale, précisément parcequ’il n’y a pas de programme défini, et que la qualité qui est demandé aux candidats est de faire des ponts entre matière, approches et courants artistiques pour comprendre, expliquer les enjeux d’un sujet. Cela demande du temps et la majorité des candidats aux concours de Sciences Po n’en ont pas (bac à préparer en parallèle, révisions des autres matières etc)

La transversalité :

Maitriser des connaissances variées, lire les livres des auteurs importants, écouter des émissions ou aller à des expositions sur des sujets extrêmement variés permet de faire des ponts entre sujets et d’apporter des éclairages différents et féconds sur un sujet en particulier. Pour réussir Sciences Po, on vous demande à la fois d’être philosophe, économiste, sociologue, historien etc. à un bon niveau et … de ne pas trop l’être. Vous devez être précis, connaître réellement les théories, œuvres et sujets dont vous parlez, mais sans en être un spécialiste pointu et faire une dissertation sous un seul angle académique/artistique. Là encore, force est de constater que les candidats sont généralement peu préparés à cette exigence. Au lycée, les cours sont généralement très segmentés et les ponts entre matières rarement mis en avant.

Si vous visez Sciences Po, il est donc plus que nécessaire de vous y prendre tôt et pour cela, les lectures des classes de 1ère et de 2nde seront un bagage fort utile pour préparer, et réussir les concours des Instituts d’Etudes Politiques.

Mes conseils de lecture pour commencer à réviser Sciences Po dès la classe de seconde ou de première.

Cette liste comporte des livres relativement courts, accessibles en termes de raisonnement, et de vocabulaire et qui vous serviront de « boîte à outil » à la fois pour le concours de Sciences Po et du baccalauréat.

D’une manière générale, même si un concours porte sur un ou plusieurs thèmes (comme le concours commun des Ieps par exemple), le fait de maitriser une palette large de connaissance permet de faire des liens entre sujets ou de s’en sortir quand vous rencontrez un sujet en marge d’un thème. Je conseille donc ces classiques (tous assez courts en termes de nombre de pages) à l’ensemble des candidats aux concours des IEPs.

Karl Marx et Friedrich Engels, Le manifeste du parti communiste

C’est un ouvrage court, de vulgarisation, de résumé de la pensée de Karl Marx. L’intérêt principal de la pensée de Karl Marx et que celle-ci développe une vision, une idéologie universelle (c’est-à-dire qu’elle permet d’analyser toute sorte de phénomènes humains, donc pour le candidat à Sciences Po, toutes sortes de sujets de culture générale). L’ouvrage est également une mine à citations, en particulier la première phrase «  L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes » et la dernière phrase « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». En plus d’être un livre « théorique » c’est également un livre « historique » en ce sens qu’il a permis la diffusion de la pensée marxiste par le monde.

Lire le Manifeste du parti communiste.

Jean-Paul Sartre, l’Existentialisme est un humanisme

Ce livre est issue d’une conférence de Jean-Paul Sartre, qui y explique les fondements de sa théorie philosophique, l’existentialisme (le fameux « L’existence précède l’essence ». Ce livre permet d’appréhender des thèmes de culture générale comme le devoir et la liberté. Il vous sera également utile pour préparer l’épreuve de philosophie du bac.

Lire l’Existentialisme est un humanisme

Claude Levi-Strauss, Race et Histoire.

Claude Levi-Strauss est un anthropologue et philosophe français. Il est un des membres fondateurs du mouvement intellectuel du « structuralisme ». Ce petit livre permet de s’initier à des thèmes souvent évoqués en culture générale, comme la culture, et en particulier l’ethnocentrisme et le racisme. L’ouvrage défend les interactions entre cultures : « Tout progrès culturel est fonction d’une coalition entre les cultures. »

Lire Race et Histoire

Ernest Renan, « Qu’est-ce qu’une Nation ? »

Là encore, cet ouvrage est la retranscription d’une conférence donnée par Ernest Renan (philologue français), qui a pour objet le thème de la Nation. Cet ouvrage permet de mettre en évidence deux visions opposées de ce qu’est une nation : une vision « du sang » sur le modèle de la nationalité allemande notamment et une vision « du souhait » qui est devenu l’emblème d’une conception française de la nationalité, celle du « plébiscite de chaque jour » (ie. la volonté de vivre ensemble). Cette distinction permet d’apporter des éclairages intéressants sur tous les sujets liés à la question de nation, de vivre ensemble.

Lire Qu’est ce qu’une Nation 

Machiavel, Le Prince

J’ai déjà évoqué avec vous ce livre, qui est considéré comme le premier ouvrage de Sciences Politiques, dans les livres à lire sur le thème du secret. C’est une excellente preuve du fait que les livres classiques sont généralement mobilisables sur de nombreux sujets de culture générale ou de questions contemporaines. Dans ce livre Machiavel donne des conseils sur le pouvoir au Prince et en ce faisant évoque de nombreux sujets en lien avec le pouvoir et l’Etat.

Lire Le Prince

Consulter la fiche de lecture

Comment réviser efficacement pour le concours de Sciences Po?

Comment réviser efficacement pour le concours de Sciences Po?

Vous êtes nombreux à me poser des questions liées à la méthodologie de travail à adopter pour intégrer Sciences Po ou un Institut d’Etudes Politiques. La préparation et la réussite du concours nécessitent en effet des méthodes et une organisation plus efficaces que celles nécessaires à la préparation du bac par exemple. Je développe dans cet article quelques pistes de réflexion pour vous aider à être performant dans vos révisions et réussir à intégrer l’IEP de vos rêves !

Conseil n°1 : utilisez la loi de Pareto pour prioriser vos révisions.

La loi (ou le principe de Pareto) de Pareto énonce que 20% des actions produisent 80% des effets. C’est un principe qui est très souvent utilisé en entreprise (gestion de projets ou gestion des risques par exemple). Il consiste à identifier les éléments produisant le plus d’effet pour les mettre en œuvre en priorité.

Si on transpose ce principe aux révisions nécessaires pour réussir le concours de Sciences Po, 20% du volume total de vos révisions contribuerait à 80% de votre note finale le jour du concours. On comprend tout de suite l’intérêt d’identifier ces éléments et de travailler en priorité ces points.

Vous pouvez décliner ce principe de plusieurs manières :

  • Priorisez via les coefficients : pour le concours commun des IEP de province, l’épreuve d’histoire a un coefficient 3, l’épreuve de questions contemporaines a un coefficient 3 et l’épreuve de langue un coefficient 2. Le concours de l’IEP ne sélectionne généralement pas des candidats ayant eu une mauvaise note (inférieure à 6/20) et il serait suicidaire de faire totalement l’impasse sur une matière en particulier, mais dans la dernière ligne droite, si vous devez prioriser entre un chapitre d’histoire et un thème de civilisation de langue, pensez-y !
  • Priorisez dans le contenu de vos révisions : les concours des IEP ne donnent pas les programmes à réviser mais vous pouvez néanmoins identifier facilement des thèmes ou des parties qui ne seront pas utiles dans la plupart des cas. Par exemple, sur le thème de questions contemporaines « le secret », ne vous concentrez pas sur le thème des « secrets de famille », qui est mineur, n’est pas lié à une actualité particulière etc. De même, si vous choisissez l’anglais en épreuve de langue, concentrez-vous sur des thèmes de civilisation touchant le Royaume-Uni et les États-Unis plutôt que sur l’histoire de la Nouvelle-Zélande par exemple.
  • Priorisez les questions le jour de l’épreuve : ce conseil s’adapte particulièrement pour l’épreuve de langue. Celle-ci comporte 3 parties (compréhension, vocabulaire, expression), ayant des contributions différentes à la note finale. La majeure partie des candidats se concentrent sur les questions de compréhension et de vocabulaire. Je vous conseille au contraire de commencer par l’épreuve d’expression, qui apporte le plus de point et qui vous pénalisera si vous n’arrivez pas à le finaliser parceque vous avez passé trop de temps sur les questions précédentes.

Conseil n°2 : coupez toutes les sources de distractions inutiles.

La majorité des gens efficaces sont des gens qui savent se concentrer et rester focalisés sur ce qu’ils font. Je vous conseille donc de délimiter les créneaux consacrés uniquement à vos révisions pour les concours et de vous y tenir. Si vous avez défini un créneau d’une heure pour réviser votre histoire, tenez-vous-y, et lorsque vous êtes en train de réviser, faîtes le vide autour de vous :

Mettez votre téléphone en mode avion / coupez les notifications : si vous discutez en parallèle de vos révisions, vous ne serez pas assez concentré pour retenir ce que vous avez lu.

Éteignez/déconnectez votre ordinateur/tablette : comme pour le smartphone, l’ordinateur est un aimant à distractions. Combien de fois avez-vous lancé une recherche internet pour réviser et êtes-vous passé rapidement à une session d’une heure ou plus sur les réseaux sociaux ?

Travaillez sur un bureau rangé : si vous n’avez que votre livre/cahier devant vous, votre esprit sera focalisé uniquement sur ce point, pour une révision efficace.

Éteignez la musique/radio/tv : les études scientifiques montrent que notre cerveau a du mal à se concentrer sur ce qu’il est en train de lire, si en parallèle, il écoute ou entend du bruit. C’est d’autant plus le cas, si ce que vous écoutez est dans votre langue. Si vous voulez quand même un petit bruit de fond, ne mettez pas le son trop fort, et privilégiez des morceaux de musique en langue étrangère ou des morceaux mélodiques/classiques.

Mettez-vous au calme : jardin, chambre, bibliothèque etc. trouvez un endroit dans lequel vous êtes au calme et efficace et privilégiez celui-ci !

Des études montrent que lorsqu’on est interrompu, le cerveau met quelques minutes à se reconcentrer sur ce qu’il faisait auparavant. Vous comprendrez donc facilement qu’une conversation sur votre téléphone en parallèle de vos révisions peut ruiner votre session de révisions.

Conseil n°3 : profitez de vos pauses ou de vos temps morts pour réviser sans y penser.

Pour tenir le rythme dans la durée, vous devez vous ménager des temps de décompression et de loisirs. Pendant votre année de révisions, je vous conseille de continuer vos activités sportives ou associatives. Elles contribuent à votre équilibre global et vous permettront de rester performant dans la durée.

Au niveau de vos pauses ou temps « perdus » (transports etc.), vous pouvez changer vos habitudes à la marge pour réviser sans y penser. Quelques exemples non exhaustifs qui peuvent faire la différence :

  • Regardez vos séries/films en Version Originales (VO) ou en Version Originale Sous Titrées (VOST) : vous vous habituerez très vite à ce changement mineur, et en douceur, sans réel travail, vous allez progresser en langue.
  • Regardez des films sur les thèmes à réviser : je vous ai fait un article sur les films sur le thème du secret, vous pouvez le retrouver ici. retrouvez également mes conseils de films sur le thème « révolutions« 
  • Lisez des romans en lien avec l’histoire et/ou avec les thèmes étudiés en question. Je vous donne des exemples de lecture dans ces articles : sur le numérique, sur le secret, sur les révolutions.
  • Ecoutez des podcasts dans le bus ou le métro.

Conseil n°4 : identifiez et utilisez vos réservoirs à motivation.

L’admission à Sciences po ou à un IEP passe par les compétences scolaires, mais aussi par votre mental, votre détermination.

Pour tenir le rythme soutenu des révisions pour le concours des IEP dans la durée, vous devez réussir à trouver des leviers de motivation et à les mobiliser lorsque vous connaitrez une baisse de motivation. Sur une année de préparation au concours, vous allez forcément avoir des moments pendant lesquels vous serez moins efficaces ou moins motivés. Ceux-ci peuvent avoir des causes diverses (météo qui impacte votre moral, contrariété ou soucis personnel qui remet en question vos objectifs, mauvaise note à un concours blanc qui vous démotive etc. etc.).

Je vous conseille donc de préparer des réservoirs à motivation pour vous remobiliser rapidement lorsque vous sentez ces moments arriver. Ils peuvent être très variés. Certain(e)s se sentent mieux après une séance de running, une partie de jeu vidéo, un coup de téléphone à un ami ou après avoir écouté tel ou tel morceau de musique.

Identifiez ces moments/actions qui vous apaisent et vous aident et notez-les sur une liste. Dès que vous sentez que vous êtes dans une situation de baisse de motivation, n’attendez pas. Actionnez un de ces leviers, et reprenez votre travail.

Pour combattre le doute, un bon moyen est de lister vos réussites de l’année qu’elles soient liées aux révisions ou non (exemple : j’ai réussi à obtenir 15 en anglais à mon concours blanc, j’ai progressé au foot/à l’escalade etc.) et de relire cette liste pour vous booster lorsque vous doutez de votre capacité à réussir le concours.

Conseil n°5 : calculez votre charge de révision et établissez un planning, même sommaire

La préparation du concours est un exercice d’endurance pour lequel il vous faudra un minimum d’organisation pour ne pas faire l’impasse sur une ou plusieurs parties importantes du programme. C’est un risque d’autant plus réel que l’année avancera et que des échéances importantes approcheront (le bac, les autres concours etc).

Pour vous assurer que votre charge de travail est équilibrée (par exemple : vous révisez trop l’histoire et pas assez l’anglais) vous pouvez vous aider de quelques outils d’organisation simples.

Le premier est de lister (de manière grossière) le temps disponible que vous estimez avoir par semaine jusqu’au concours (exemple : 10 heures par semaine) et de lister l’ensemble des chapitres ou des thèmes à ficher ou à réviser par matière. Cela vous donnera de manière globale, le temps à passer par sujet ou par thème à consacrer. Par exemple, vous saurez que vous avez 5 heures pour réaliser une fiche d’histoire complète sur un thème (la décolonisation ou la construction européenne). Vous pourrez voir si vous êtes trop long (ou trop rapide) pour travailler sur tel ou tel point du programme.

Le deuxième est de planifier sur votre semaine des créneaux dédiés à un sujet ou une matière (exemple : tous les mardi soir de 17h30 à 18h30, révision du vocabulaire d’anglais). Si vos temps de révision sont planifiés de manière équilibrée, vous devriez pouvoir réviser toutes les matières de manière efficace.

Les livres à lire sur le thème « La pauvreté »

Les livres à lire sur le thème « La pauvreté »

Il y a quelques temps, je vous ai proposé un article vous présentant comment intégrer Sciences Po Lyon en deuxième année. Je vous y expliquais notamment que l’admission nécessite le passage d’un concours, appelé « concours sciences sociales ».

Cette année, le thème choisi par le jury est le thème « pauvreté ». Deux épreuves du concours seront axées sur ce thème :

Vous pouvez acheter ce livre ICI.

  • une épreuve de dissertation de sciences sociales sur le thème « pauvreté » : il s’agit d’une dissertation sur le thème pauvreté. A noter que le sujet posé par le concours pourra porter sur plusieurs discipline/approches (sociologie, économie, histoire, géographie, anthropologie, sciences politique…)

Je vous propose dans cet article de passer en revue, discipline par discipline, les ouvrages à lire et à ficher pour réussir cette épreuve de dissertation de sciences sociales.

Sociologie de la pauvreté

Le thème de la pauvreté est beaucoup étudié par la sociologie et je vous conseille en particulier les ouvrages suivants :

Pierre Bourdieu : La misère du monde.

Cet ouvrage collectif, dirigé par Pierre Bourdieu propose d’aborder le thème de la pauvreté et de la misère via un ensemble de monographies. l’ouvrage est plaisant à lire puisqu’il alterne les études de cas et monographies et les passages explicatifs et théoriques. La thèse qui sous-tend cet ouvrage majeur est de montrer le rôle important de l’État dans le maintien de la pauvreté.

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Robert Castel : Les métamorphoses de la question sociale

Ce livre est également une référence majeure du sujet de la pauvreté. L’ouvrage étudie le salariat et en décrit l’histoire. Il montre l’apparition des systèmes de gestion des pauvres et de la pauvreté et décrit le fait qu’à sa création, le salariat est un système de contrôle social des « pauvres ».

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Erving Goffman : Stigmates

Stigmates est un livre important dans l’histoire de la sociologie, et en particulier de la sociologie de la déviance, de l’exclusion et du handicap. La stigmatisation est en effet un des ressorts important de la définition d’un individu comme étant un « pauvre ».

Acheter le livre ICI.

Serge Paugam : La disqualification sociale. Essai sur la nouvelle pauvreté et les formes élémentaires de la pauvreté.

Serge Paugam est à l’origine de travaux largement diffusés sur la pauvreté, et en particulier à la définition de 3 types de pauvretés : la « pauvreté intégrée », la « pauvreté marginale »,
la « pauvreté disqualifiante ».

Acheter la disqualification sociale ICI

Acheter les formes élémentaires de la pauvreté ICI

L’économie et la pauvreté

La pauvreté a été étudiée par de nombreux économistes et penseurs économiques (Ricardo, Marx, Adam Smith …). Si vous n’êtes pas familier avec  l’économie, je vous conseille de lire une synthèse d’histoire de la pensée économique. Vous pouvez également lire cet article d’introduction (Les économistes et les pauvres) accessible sur CAIRN.

Le Capital au 21ème siècle de Thomas Piketty.

Je vous recommande ensuite, de vous intéresser aux travaux liés aux inégalités. Pour cela, la principale référence Le livre de Thomas Piketty, Le Capital au XXIème siècle. C’est un livre assez long, mais très pédagogique et qui se lit très bien, même pour les non-initiés. Si vous n’avez pas le temps de le lire, je vous conseille le Que-sais-je du même auteur, sur l’économie des inégalités accessible ICI.

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Daniel Cohen  Richesses du monde, pauvreté des nations

Daniel Cohen propose un essai sur la base d’une question simple : le monde n’a jamais été aussi riche, et pourtant il y a de plus en plus de pauvres. Il analyse l’impact de la mondialisation sur les nations, et la montée de la pauvreté.

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Amartya Sen et son approche des « capabilités« .

L’économiste indien, lauréat du prix nobel d’économie a effectué un changement de paradigme sur la pauvreté, en introduisant la notion de « capabilité » : « Par libertés substantielles, j’entends l’ensemble des « capacités » élémentaires, telles que la faculté d’échapper à la famine, à la malnutrition, à la morbidité évitable et à la mortalité prématurée, aussi bien que les libertés qui découlent de l’alphabétisation, de la participation politique ouverte, de la libre expression, etc. » (Amartya Sen, Un nouveau modèle économique. Développement, justice, liberté.)

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