Catégorie : Questions Contemporaines

Retrouvez ici tous nos conseils pour réussir l’épreuve de questions contemporaines au concours commun des Instituts d’Etudes Politiques (IEP).

Les conseils de lecture sont accessibles ICI

Analyse des sujets de questions contemporaines du concours commun 2019

Analyse des sujets de questions contemporaines du concours commun 2019

Les sujets de l’épreuve de questions contemporaines du concours commun 2019 sont :

– Faut-il tout dématérialiser ?

– Les institutions démocratiques peuvent-elles reposer sur le secret ?

Quelques réflexions et enseignements sur les sujets proposés :

Méthodologie de la dissertation et de l’analyse de sujet

La première chose qui m’a frappé en lisant les sujets de cet année, c’est la manière dont ils ont été formulé. Le sujet sur le numérique commence par « Faut-il … ? » et le sujet sur le secret est de manière indirecte un sujet du type « Peut-on … ? »

Ce type de formulation est typique des sujets de philosophie de terminale, et nécessite, pour ne pas faire de hors sujet (ou de traitement partiel du sujet) de bien analyser ces deux intitulés de questions, en particulier sous leur double sens : « Faut-il » veut dire à la fois « Est-il nécessaire … ? » et « Est-il moral … ? » ; « Peut-on » veut dire à la fois « Est-on capable … ? » et « A-t-on le droit … ? ».

                A mon sens, la formulation des sujets est un signe que le jury du concours ne souhaite pas désavantager les candidats de terminale par rapport aux candidats de niveau bac+1 ou les candidats ne faisant pas de prépa par rapport aux candidats issus de prépa. Un candidat sérieux de terminale, ayant assimiler la technique de dissertation en philosophie me semble parfaitement armé pour analyser et problématiser les sujets. L’étape de problématisation du sujet étant la plus importante pour obtenir une bonne note, il me semble que c’est un bon signe pour tous les candidats travailleurs et sérieux 😊

un sujet « classique » et un sujet plus « complexe »

Le deuxième élément que je retiens est la présence d’un sujet « attendu » et d’un sujet un peu plus complexe (en apparence). Les thèmes de culture générale ou de questions contemporaines comportent généralement des types de sujets « classiques ».

C’est le cas du sujet portant sur le thème du secret cette année. Le rôle paradoxal du secret dans le fonctionnement des démocraties était le thème central et attendu cette année. Lorsque je vous avais proposé des idées de sujets pour préparer le concours sur le thème du secret, je vous avais d’ailleurs proposé deux sujets à travailler sur l’articulation entre secret et démocratie.

                Le deuxième sujet en revanche, paraît un peu plus « complexe » de prime abord, et en tout cas moins facilement abordable.

Généralement, les candidats (en particulier les moins bons candidats) s’orientent vers les sujets « simples » ou « classiques ». Il devient donc plus difficile de « sortir du lot » quand on choisit un sujet simple. L’autre danger est aussi de choisir un sujet a priori « simple » et de partir vite sur un plan en analysant pas assez le sujet et donc de passer sur certains aspects (c’était un risque important cette année, voir mon analyse du sujet plus bas).

Vous l’avez compris, je conseille généralement de s’orienter vers le sujet « complexe » 😊

Des sujets qui permettent un « échelonnement » des notes.

Le troisième enseignement que je tire des sujets du concours commun 2019, est qu’ils permettent un échelonnement des notes en termes de correction, avec 3 catégories de copies :

  1. Un premier tiers de copies pour lesquels l’analyse du sujet n’est pas suffisante, en particulier l’analyse des double sens inclus dans la formulation, mais aussi l’analyse, la définition des autres termes. Comment problématiser le sujet « Les institutions démocratiques peuvent-elles reposer sur le secret ? » sans interroger les aspects juridiques qui régissent/réglementent/définissent une démocratie. Une démocratie repose en partie sur le secret. (Peut-on parler de démocratie si le vote n’est pas secret ?). Dans ces cas-là, votre copie a de forte chance d’être en deçà des attentes au concours et de se voir attribuer une note inférieure à 8/20 au mieux.
  2. Un deuxième tiers de copies ayant analysé le double sens des questions, défini et problématisé le sujet, de manière correcte, avec un plan basique (oui / non) etc. Vous vous trouverez alors dans le troupeau des candidats lambda, avec une note de 8/20 à 12/20
  3. Un troisième tiers de copies émanant de candidats ayant fait une analyse poussée et complète des sujets. Je trouve que les sujets proposés provoquent assez facilement des décalages entre un candidat normal et un bon candidat. Sur les deux sujets proposés, voici selon moi les deux termes qui vous permettaient de faire réellement la différence et sur lesquels il fallait insister et baser votre réflexion et votre problématique :

Faut-il tout dématérialiser ?

Le mot qui fait toute la différence est le mot « tout ». Le sujet ne demande pas s’il faut encourager ou limiter la dématérialisation. L’enjeu porte plutôt sur la manière de définir ce qui doit ou ne doit pas être dématérialisé. Et c’est là que le sujet devient intéressant. Comment définir concrètement les modalités et les choix en termes de dématérialisation ?

Les institutions démocratiques peuvent-elles reposer sur le secret ?

A mon sens, le terme important et qui risque d’être oublié est le terme « institution ». La définition sociologique d’une institution est une structure qui tend ou qui vise à se reproduire. Si le fonctionnement démocratique tend à promouvoir des principes de transparence en termes de fonctionnement des institutions, la logique même des institutions (leur propre survie/reproduction) les pousse à adopter des comportements ou des stratégies contraires à leur missions initiales. C’est là tout l’enjeu du sujet. La démocratie est un système politique qui est constamment en tension entre le respect de ses principes et sa nécessaire « survie » face à d’autres logiques.

Comment réviser la culture générale en 1ère ou en 2nde ? Les livres à lire en priorité

Comment réviser la culture générale en 1ère ou en 2nde ? Les livres à lire en priorité

Les difficultés de l’épreuve de culture générale

L’épreuve de culture générale est l’épreuve reine du concours de Sciences Po, et des Instituts d’Etudes Politiques, quels que soit le concours d’entrée visé.

Les IEPs de province ont certes modifié le libellé de l’épreuve de culture générale en la rebaptisant « questions contemporaines », mais elle n’en demeure pas moins sur le fond une épreuve de culture générale (avec une orientation plus axée sur l’actualité contemporaine, et un champ délimité par les thèmes au programme).

✦ Mise en relation gratuite
Quelle prépa Sciences Po
est faite pour vous ?
Concours commun · Sciences Po Paris · Dual BA · Master
Trouvez la préparation adaptée à votre profil en 2 minutes.
🔒 Sans engagement ⚡ Réponse sous 24h 🎯 Mise en relation gratuite

Cette épreuve est une des épreuves les plus difficiles parce qu’elle demande deux caractéristiques dont les candidats manquent souvent :

Le temps : 


L’épreuve de culture générale, sans programme prédéfini, et avec des champs de connaissance tirés de tous les domaines intellectuels, artistiques, scientifiques etc. est une épreuve difficilement « bachotable ». Elle ne s’acquiert pas en lisant un manuel de culture générale, précisément parcequ’il n’y a pas de programme défini, et que la qualité qui est demandé aux candidats est de faire des ponts entre matière, approches et courants artistiques pour comprendre, expliquer les enjeux d’un sujet. Cela demande du temps et la majorité des candidats aux concours de Sciences Po n’en ont pas (bac à préparer en parallèle, révisions des autres matières etc)

La transversalité :

Maitriser des connaissances variées, lire les livres des auteurs importants, écouter des émissions ou aller à des expositions sur des sujets extrêmement variés permet de faire des ponts entre sujets et d’apporter des éclairages différents et féconds sur un sujet en particulier. Pour réussir Sciences Po, on vous demande à la fois d’être philosophe, économiste, sociologue, historien etc. à un bon niveau et … de ne pas trop l’être. Vous devez être précis, connaître réellement les théories, œuvres et sujets dont vous parlez, mais sans en être un spécialiste pointu et faire une dissertation sous un seul angle académique/artistique. Là encore, force est de constater que les candidats sont généralement peu préparés à cette exigence. Au lycée, les cours sont généralement très segmentés et les ponts entre matières rarement mis en avant.

Si vous visez Sciences Po, il est donc plus que nécessaire de vous y prendre tôt et pour cela, les lectures des classes de 1ère et de 2nde seront un bagage fort utile pour préparer, et réussir les concours des Instituts d’Etudes Politiques.

Mes conseils de lecture pour commencer à réviser Sciences Po dès la classe de seconde ou de première.

Cette liste comporte des livres relativement courts, accessibles en termes de raisonnement, et de vocabulaire et qui vous serviront de « boîte à outil » à la fois pour le concours de Sciences Po et du baccalauréat.

D’une manière générale, même si un concours porte sur un ou plusieurs thèmes (comme le concours commun des Ieps par exemple), le fait de maitriser une palette large de connaissance permet de faire des liens entre sujets ou de s’en sortir quand vous rencontrez un sujet en marge d’un thème. Je conseille donc ces classiques (tous assez courts en termes de nombre de pages) à l’ensemble des candidats aux concours des IEPs.

Karl Marx et Friedrich Engels, Le manifeste du parti communiste

C’est un ouvrage court, de vulgarisation, de résumé de la pensée de Karl Marx. L’intérêt principal de la pensée de Karl Marx et que celle-ci développe une vision, une idéologie universelle (c’est-à-dire qu’elle permet d’analyser toute sorte de phénomènes humains, donc pour le candidat à Sciences Po, toutes sortes de sujets de culture générale). L’ouvrage est également une mine à citations, en particulier la première phrase «  L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes » et la dernière phrase « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». En plus d’être un livre « théorique » c’est également un livre « historique » en ce sens qu’il a permis la diffusion de la pensée marxiste par le monde.

Lire le Manifeste du parti communiste.

Jean-Paul Sartre, l’Existentialisme est un humanisme

Ce livre est issue d’une conférence de Jean-Paul Sartre, qui y explique les fondements de sa théorie philosophique, l’existentialisme (le fameux « L’existence précède l’essence ». Ce livre permet d’appréhender des thèmes de culture générale comme le devoir et la liberté. Il vous sera également utile pour préparer l’épreuve de philosophie du bac.

Lire l’Existentialisme est un humanisme

Claude Levi-Strauss, Race et Histoire.

Claude Levi-Strauss est un anthropologue et philosophe français. Il est un des membres fondateurs du mouvement intellectuel du « structuralisme ». Ce petit livre permet de s’initier à des thèmes souvent évoqués en culture générale, comme la culture, et en particulier l’ethnocentrisme et le racisme. L’ouvrage défend les interactions entre cultures : « Tout progrès culturel est fonction d’une coalition entre les cultures. »

Lire Race et Histoire

Ernest Renan, « Qu’est-ce qu’une Nation ? »

Là encore, cet ouvrage est la retranscription d’une conférence donnée par Ernest Renan (philologue français), qui a pour objet le thème de la Nation. Cet ouvrage permet de mettre en évidence deux visions opposées de ce qu’est une nation : une vision « du sang » sur le modèle de la nationalité allemande notamment et une vision « du souhait » qui est devenu l’emblème d’une conception française de la nationalité, celle du « plébiscite de chaque jour » (ie. la volonté de vivre ensemble). Cette distinction permet d’apporter des éclairages intéressants sur tous les sujets liés à la question de nation, de vivre ensemble.

Lire Qu’est ce qu’une Nation 

Machiavel, Le Prince

J’ai déjà évoqué avec vous ce livre, qui est considéré comme le premier ouvrage de Sciences Politiques, dans les livres à lire sur le thème du secret. C’est une excellente preuve du fait que les livres classiques sont généralement mobilisables sur de nombreux sujets de culture générale ou de questions contemporaines. Dans ce livre Machiavel donne des conseils sur le pouvoir au Prince et en ce faisant évoque de nombreux sujets en lien avec le pouvoir et l’Etat.

Lire Le Prince

Consulter la fiche de lecture

Sujets de questions contemporaines sur le thème du « numérique» (concours commun des IEP de province 2019)

Sujets de questions contemporaines sur le thème du « numérique» (concours commun des IEP de province 2019)

Après mon article sur les sujets sur le thème « Le secret », je vous soumets quelques proposition de sujets de dissertation sur le thème de questions contemporaines « Le numérique« .

Je profite également de cet article pour donner quelques conseils pour vous entrainer à l’épreuve de questions contemporaines, à partir de ceux-ci.

Comment réviser efficacement à partir d’exemples de sujets ou d’annales ?

C’est assez simple. La meilleure méthode est de vous entraîner en « condition réelle » :

  • planifiez une plage pendant laquelle vous ne serez pas dérangé ou distrait (exit donc les téléphones, tv etc. etc.), à votre bureau. Cette plage peut avoir la durée exacte de l’épreuve ou être plus courte si vous n’avez pas un créneau entier. Il faut en revanche que vous vous teniez à la plage définie (mettez une alarme et ne faite rien d’autre sur la plage en question).
  • Tirez un sujet au sort. Nous sommes humains et nous pouvons tous être tenté de choisir d’abord le sujet le simple ou celui qu’on maitrise le plus. C’est pourtant une erreur, le but de l’entrainement et de vous permettre de faire face à n’importe quel sujet.
  • En fonction du créneau que vous avez choisi, faites l’intégralité de la dissertation, ou si c’est un créneau plus court, planchez sur l’analyse du sujet, la construction d’un plan détaillé (partie, sous partie, arguments, exemples et références) et la rédaction de l’introduction.

Exemple de sujets sur le thème « Le numérique »

Peut-on parler de révolution numérique ?

Peut-on maîtriser son identité numérique ?

Le numérique met-il en danger la démocratie ?

L’homo numericus est-il derrière nous ou devant nous ?

Pensez vous que la citation suivante s’adapte au numérique? Argumentez. « La rationalité technologique ne met pas en cause la légitimité de la domination, elle la défend plutôt » (Herbet Marcuse, L’Homme Unidimensionnel, 1964).

Fiche de Révision de questions contemporaines: Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD)

Fiche de Révision de questions contemporaines: Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD)

Je vous propose aujourd’hui une fiche de révision sur le thème du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Celle-ci pourra vous être utile pour préparer l’épreuve de questions contemporaines du concours commun des IEPs (thèmes « Le Numérique« , mais aussi « Le secret« ).

Bref historique sur le thème de la protection des données personnelles.

La France a été un pays précurseur sur la protection des données personnelles avec la « loi Informatique et Liberté » adoptée en 1978. A l’époque, l’élément déclencheur de cette loi est un projet de l’INSEE visant à interconnecter des bases de données à partir du numéro de Sécurité Sociale (le NIR) qui soulève des débats autour de la liberté individuelle et le « flicage » des citoyens. Cette loi aboutit également à la création de la CNIL.

En 1995, la protection des données fait l’objet d’une directive européenne (voir ici).

En 2016, un règlement européen, le RGPD est adopté.

Les principaux changements apportés par le RGPD.

  1. Le principe d’ « accountability » qui consiste en un changement de paradigme majeur dans la mesure où les entreprises et institutions devront mettre en œuvre un cadre de conformité lié à la protection des données. Celles-ci devront prouver qu’elles sont en conformité au niveau de la protection des données personnelles (et ce n’est pas le plaignant qui devra prouver que l’institution est en cause). on parle donc « d’inversion de la charge de la preuve ».
  2. RGPD intègre également de nouvelles obligations (exemple : nommer un Data Protection Officer, exemple tenir un registre des traitements).
  3. RGPD augmente le niveau des sanctions en cas de manquements. Avant son adoption, les sanctions étaient de 300 000€ maximum. Avec RGPD, elles peuvent atteindre 4% du chiffre d’affaires.
  4. RGPD met en place de nouveaux droits pour les personnes (droit à l’effacement, droit à l’oubli, droit à la portabilité).

Les règles et obligations introduites par RGPD.

Les règles concernent :

  • l’interdiction de récolter des données personnelles sans raison
  • l’obligation de définir une durée de conservation des données (à l’expiration, celles-ci doivent être soit anonymisées, soit supprimées, soit archivées).
  • Le respect des droits des personnes
  • La sécurité du traitement des données

Les obligations détaillées sont les suivantes :

  • La tenue d’un registre des traitements : celui ci doit lister l’ensemble des traitements de données de personnes en indiquant notamment la finalité du traitement (pour quoi est-ce que j’utilise cette donnée?), les personnes concernées, la durée de conservation etc.
  • La gestion des droits des personnes : via la mise en place de procédures et d’outils.
  • La désignation d’un DPO dont le rôle est précisément de veiller au respect du droit des personnes.
  • L’obligation d’engager les sous-traitants gérant pour son compte des données personnelles (via des clauses par exemple).
  • L’analyse des risque en terme de sécurité des données
  • La notification obligatoire des violations constatées sous 72 heures.

Les nouveaux droits créés avec le RGPD

Droit à l’oubli : suppression de certaines données personnelles (par exemple des moteurs de recherche)

Droit à la portabilité des données

Droit d’obtenir réparation en cas de préjudice : les citoyens concernés par un manquement d’un organisme gérant des données personnelles pourront demander une indemnisation

Droit de ne pas faire l’objet d’une « décision individuelle automatisée » (= droit qu’un robot ne prenne pas de décision à notre sujet).

Lexique et définitions sur le numérique (suite) : Intelligence artificielle, blockchain, RGPD…

Lexique et définitions sur le numérique (suite) : Intelligence artificielle, blockchain, RGPD…

Je vous propose aujourd’hui une suite à mon article sur le lexique des termes liés au domaine du numérique. Ce thème, au programme de l’épreuve de questions contemporaines du concours commun, contient de nombreux termes techniques liés soit aux innovations et aux technologies, soit aux règlementations et aux enjeux liés à celle-ci.

L’intelligence Artificielle (« IA »)

L’intelligence artificielle concerne l’ensemble des techniques qui visent à permettre à une machine de simuler l’intelligence. Les domaines d’application sont extrêmement vastes (Cela va des programmes informatiques de jeux d’échecs, aux assistants personnels intelligents, et aux robots). Ce domaine a été développé grâce aux travaux d’Alan Turing, dans les années 1950. L’amélioration des puissances de calcul des processeur, ainsi que des techniques algorithmique et du volume de données disponibles permettent depuis les années 2000 une augmentation considérable des champs d’application. Les enjeux et questions posées par l’émergence de l’IA sont nombreuses : les machines peuvent elles penser et être intelligence?  (pouvoir est entendu ici comme « être capable » mais aussi « avoir le droit »). Le développement des dispositifs d’intelligence artificielle posent des questions morales mais également en terme de responsabilité. Par exemple, de nombreux débats existent autour des voitures autonomes. (s’il y a un accident, qui est responsable? ou encore comment la machine intègre t elle des considérations morales ou éthiques?)

La Blockchain

Cette technologie a connu un écho international avec l’émergence des crypto-monnaies, dont le bitcoin. Au delà de ce champ d’application, cette technique permet une révolution importante, qui est de créer ou de permettre l’émergence de systèmes d’échanges, d’archivage, ou de contractualisation sans l’intervention d’un « tiers de confiance ». Il s’agit en effet d’un système de cryptographie via l’émergence d’un consensus entre les pairs présents dans la blockchain. Pour parler simplement, l’ensemble des échanges (transactions, échanges, contrats, … ) sont accessibles par tous les acteurs de la blockchain à tout moment, et ne peuvent être modifiés sans consensus/validation de ceux ci. A partir de cette technologie, on peut mettre en place des systèmes financiers, des cadastres etc. qui sont publics et non centralisés. L’émergence de cette technologie pourrait donc représenter un danger pour certaines institutions (par exemple les notaires, ou les banques qui endossent actuellement ce rôle de tiers de confiance).

RGPD (Le Règlement Général sur la Protection des Données)

Il s’agit d’un règlement de l’Union Européenne qui régit les données à caractère personnel (leur collecte, leur utilisation, leur maîtrise…). Il vise à protéger l’utilisation des données personnelles via un certain nombre de dispositifs comme par exemple l’encadrement du profilage, la demande du consentement explicite lors de la collecte de données, le droit à l’oubli… RGPD a été promulgué en 2016 et peut déboucher sur des sanctions financières importantes pour les organisations qui ne seraient pas en règle (jusqu’à 4% du chiffre d’affaires pour une entreprise).

Vous pouvez consulter ma fiche de synthèse ICI.

La CNIL

La Commission Nationale Informatique et Liberté est une institution administrative française visant à protéger les citoyens vis à vis de l’informatique. Elle possède six missions principales : « informer, réguler, protéger, contrôler, sanctionner, anticiper ».

Sujets de questions contemporaines sur le thème du « secret »

Sujets de questions contemporaines sur le thème du « secret »

Un bon moyen de savoir si vous êtes prêts pour le concours est d’essayer d’imaginer des sujets que pourrait vous poser le jury, ou même d’imaginer le sujet que vous donneriez si vous deviez le choisir.

C’est un exercice qui est loin d’être évident lorsqu’on est absorbé par ses révisions et qu’on cherche à accumuler des connaissances et des références. En effet, définir le sujet sur lequel vont plancher plusieurs milliers de candidats nécessite à mon sens deux qualités essentielles :

  • Avoir du recul sur le sujet : c’est-à-dire y avoir réfléchi en profondeur, mais en ayant réussi à synthétiser les grands enjeux et débats qui font que ce sujet est intéressant, et suscite un réel débat.
  • Avoir une vision transversale du sujet : l’épreuve de questions contemporaine est à la frontière de nombreuses matières académiques, et les candidats (ainsi que les correcteurs) ont des appétences ou des spécialisations différentes. Il convient donc de choisir un sujet qui ne favorise pas tel profil au détriment d’un autre (exemple : ne pas choisir un sujet purement philosophique ou purement sociologique), un sujet transverse à plusieurs matières.

Faire cet exercice en tant que candidat ne pourra que vous être bénéfique puisque vous allez devoir pour cela sortir d’une posture où vous cherchez à rassembler et engranger des connaissances pour une posture dans laquelle vous cherchez à problématiser et à véritablement réfléchir.

Je vous propose donc quelques idées de sujets sur le thème du secret, au programme du concours commun 2021.

Quelques sujets possibles sur le thème le « Secret »

1 ) Le Secret est-il nécessaire ? (Vous pouvez trouver un corrigé sur le thème « Le secret est-il nécéssaire en politique? », ICI)

2 ) Faut-il toujours viser à réduire le secret ? ( Une variante pourrait être « Faut-il toujours viser à limiter le secret ? » )

3) Le secret est-il acceptable en démocratie ?

4) Le secret est-il nécessaire en démocratie ?

5) Le secret est-il en danger ?

6) Comment / Peut- on concilier transparence et efficacité en politique?

Comment la science économique analyse-t-elle le thème du « secret »?

Comment la science économique analyse-t-elle le thème du « secret »?

Je vous propose aujourd’hui un article d’un format un peu nouveau sur ce blog. Il consiste à aborder l’un des thèmes de l’épreuve de questions contemporaines du concours commun des IEP de province via un angle thématique, celui du point de vue de l’économie.

Le thème « Le secret » est a priori un thème qui est plutôt analysé ou évoqué par des disciplines comme la science politique (par exemple, via les ressorts du pouvoir), la littérature (voir à ce sujet mon article sur les références sur le thème du Secret) ou la sociologie. L’économie permet néanmoins, via quelques concepts et modèles simples d’illustrer des arguments sur le thème du Secret.

Je suis personnellement passionné de sciences sociales, et en particulier d’économie, et je ne peux que vous recommander d’utiliser des références tirées des théories économiques qui permettent généralement d’illustrer des arguments de manière percutante et originale. Pour la petite histoire, c’est ce que j’ai fait dans ma copie de culture générale  au concours d’entrée de Sciences Po Lille (vous pouvez lire la copie ici). Le sujet portait sur les liens entre croyance et savoir et j’avais évoqué par exemple les concepts économiques de rationalité et de rationalité limitée.

L’économie s’intéresse au concept de secret via quelques thèmes bien précis (le secret des affaires, les théories relatives à la propriété intellectuelle etc.). Dans cet article, nous allons évoquer le secret via le thème de l’information et des différents niveau d’informations entre des acteurs différents d’un marché. Ce thème est omniprésent dans la science économique, en particulier chez les théoriciens dits « néo-classiques ».

Le théorème du prisonnier

Cette théorie est extrêmement connue, en particulier des lycéens ayant fait un bac Economique et Social. Elle constitue une manière intéressante de montrer que le non partage d’information (ou, pour être plus précis dans ce cas, l’impossibilité de partage d’une information) entraîne, par le jeu des intérêts et des stratégies individuelles, des situations qui ne sont pas les plus adaptées ou les plus enviables pour l’intérêt général (un économiste dirait des situations « sous-optimales »).

Ce théorème a été développé par Alfred William Tucker, un mathématicien expert de la théorie des jeux, une branche des mathématiques ayant beaucoup d’applications en économie. Ce théorème met en cause deux joueurs (deux prisonnier, que la police interroge séparément) qui ont chacun le choix entre nier et dénoncer/trahir l’autre prisonnier. Le cas est présenté comme suit :

  • si les deux prisonnier nient, chacun fera 6 mois de prison.
  • si les deux prisonniers dénoncent chacun l’autre, chacun fera 5 ans de prison.
  • si un prisonnier dénonce l’autre, il sera libéré et l’autre prisonnier fera 10 ans de prison.

On voit rapidement que, si les prisonniers pouvaient communiquer, ils pourraient facilement s’accorder pour nier en bloc, et écoper chacun de 6 mois de prison. N’ayant pas la possibilité de communiquer, chacun des prisonniers va être amené à dénoncer l’autre, puisque quel que soit l’action de son complice, il est plus intéressant pour lui de dénoncer l’autre (si vous n’êtes pas convaincu à ce stade, je vous invite à regarder la matrice des paiements, de l’article wikipedia consacré à ce théorème).

Cet exemple permet de montrer de manière amusante que le secret peut être préjudiciable à tous, de façon logique. Il peut donc vous aider à argumenter en faveur de restrictions des secrets (position qu’il faudra nuancer 😉 ).

Les asymétries d’information

La science économique a également étudié le secret via son aspect de dissimulation volontaire d’information d’un acteur, vis à vis d’un autre. George Akerlof, économiste américain, a  même reçu un « prix nobel » d’économie pour ses travaux sur ce sujet.

Il étudie ce qui se passe lorsque deux acteurs échangeant un bien sur un marché n’ont pas le même niveau d’information relative à la qualité de ce bien. Dans un article célèbre (c’est un des articles d’économie les plus cité au monde), intitulé  » The market for « Lemons » « , il étudie le marché des voitures d’occasion et plus particulièrement des Lemons, voitures de mauvaise qualité.

Le vendeur de la voiture connaît bien mieux que les acheteurs potentiels la qualité intrinsèque du véhicule qu’il met en vente. Sur le marché étudié, on trouve donc deux types de vendeurs :

  • les vendeurs de voitures d’occasion, qui veulent vendre leur voiture d’occasion au prix « normal » du marché
  • les vendeurs de voiture de très mauvaise qualité, qui veulent profiter du prix du marché pour vendre leur mauvaise voiture d’occasion.

La présence de ce second type de vendeur a un effet « pervers » sur les potentiels acheteurs. Ceux-ci deviennent conscients du risque de tomber sur une mauvaise occasion. Une grande majorité de ces acheteurs potentiels va donc soit quitter le marché soit revoir à la baisse leur prix d’achat maximal.

La deuxième conséquence est que les vendeurs de bonne voiture ne vont pas accepter de vendre leur voiture à un prix moindre que leur valeur réelle.

In fine, la conséquence de cette asymétrie d’information, est la destruction/la fin du marché, c’est à dire que les échanges risquent de ne plus se réaliser. On voit donc via cet exemple bien que le secret peut avoir des conséquences néfastes sur les échanges économiques.

Un moyen de lutter contre cet effet pervers peut être la mise en place de contrôles et de normes pour rassurer un certain niveau de qualité des biens vendus. Sur le marché de la voiture, on peut penser au contrôle technique ou aux diagnostics techniques d’électricité ou de gaz pour le marché de l’immobilier.

Le secret peut donc être néfaste pour les échanges, et/ou engendrer des surcoûts pour la société. En parallèle, la présence de comportements de dissimulation d’information pour être un déclencheur, par l’Etat, de mécanisme d’amélioration de la sécurité et de la qualité via la création de normes, de systèmes d’audits ou de contrôle.

L’aléa moral

Le concept d’aléa moral est également un concept mobilisable pour argumenter autour du thème du secret. C’est un effet pervers qui apparaît entre deux parties signataires d’un contrat visant à couvrir un risque. Il est particulièrement présent dans le secteur économique de l’assurance.

Ce concept désigne le fait qu’un individu se comporte différemment lorsqu’il a signé un contrat par rapport à la situation où il n’a pas signé ce contrat.

Par exemple, lorsqu’un conducteur souscrit à une assurance tout risque pour son véhicule, il peut être tenté de conduire de manière plus risquée et dangereuse. Par exemple également, un travailleur peut réduire ses horaires ou son volume de travail lorsqu’il a validé sa période d’essai.

Ce concept d’aléa moral met en évidence des comportements où l’individu souscripteur a intérêt à dissimuler sciemment ses intentions ou son comportement tant qu’il n’a pas signé ce contrat. Le secret est ici une conséquence ou un effet pervers du contrat entre les parties.

Lexique et définitions du Big Data et du numérique

Lexique et définitions du Big Data et du numérique

Le thème « Le numérique » du concours commun des Instituts d’Etudes Politiques 2019 va vous amener à vous questionner sur de nombreuses innovations et techniques qui font les gros titres de l’actualité (scandale de Cambridge Analytica par exemple). Parmi celles-ci, je vous propose de passer en revue un certain nombre de termes en lien avec le BIg Data.

https://www.lebigdata.fr/wp-content/uploads/2017/07/machine-learning.png

Le Big Data

La traduction du terme Big Data est « Grosses Données ». Il n’existe pas à ce jour de définition officielle du Big Data. La commission générale de terminologie et de néologie a néanmoins proposé une définition. Celle-ci est : « données structurées ou non dont le très grand volume requiert des outils d’analyse adapté ». Au delà des données, lorsqu’on parle de Big Data, on évoque les algorithmes et les modèles créés à partir de celles ci.

Le Data Mining

Ce terme est moins connu que le terme de « Big Data ». Il s’agit de l’analyse tirée des Big data, à savoir le fait de transformer les données en informations, en modèles utiles via le croisement et l’analyse des données. Les big data sont donc la source, la matière première du data mining.

Le Deep learning

Si on traduit littéralement ce terme, on obtient l’ « apprentissage profond ». Il regroupe les dispositifs, méthodes et algorithmes d’apprentissage automatique. Autrement dit, un modèle ou algorithme est conçu pour s’améliorer de lui même en fonction des résultats et des cas d’usage qu’il rencontre. Par exemple, des programmes de reconnaissance d’images (identification des visages sur des photos) deviennent de plus en plus précis au fur et à mesure qu’ils analysent et identifient des images. Ces technologies sont utilisés dans de nombreux domaines, y compris l’intelligence artificielle.

L’IOT (« Internet of Things »)

L’internet des objets consiste en un réseau d’objets connectés capable d’acquérir et d’échanger des données au sein d’un ecosystème. On peut citer les capteurs, boitiers, caméras, bracelets connectés etc. Ce marché est en constant développement poussé le faible prix des capteurs, l’augmentation de la puissance internet etc. Il pose néanmoins de nombreux obstacles et questions (notamment la sécurité, l’utilisation des données, mais aussi la préservation de la vie privée).

Les Dark Data

Les dark data sont des données qui sont stockées par un grand nombre d’acteurs (entreprises, organisations…) , mais qui ne sont pas utilisées dans un but précis ou ne sont pas utiles. Les organisations ont tendance à les stocker pour les revendre, les utiliser éventuellement dans le futur etc. Elles sont un problème important notamment pour la préservation du secret et de la vie privée.

Y-a-t-il d’autres thèmes que vous souhaitez voir définir? Laissez moi vos questions en commentaires.

5 erreurs à éviter sur le Thème « Le Numérique »

5 erreurs à éviter sur le Thème « Le Numérique »

Réviser l’épreuve de questions contemporaines du concours commun de Sciences Po avec quelques films

Réviser l’épreuve de questions contemporaines du concours commun de Sciences Po avec quelques films

Comme vous le savez certainement si vous comptez passer le concours commun des Instituts d’Etudes Politiques, les thèmes de l’épreuve de questions contemporaines pour 2019 sont « Le secret » et « Le numérique ».

J’ai évoqué avec vous dans plusieurs articles des pistes de lecture pour l’été sur « Le secret » et « Le numérique ». Passons maintenant aux sources cinématographiques avec les films, séries et documentaires que vous pouvez regarder pour une immersion en douceur, sur ces deux thèmes.

Les films, documentaires et séries sur le thème « Le Secret »

Pentagon papers, film de Steven Spielberg

Ce film traite d’un sujet historique. La diffusion des Pentagon Papers, des documents militaires classés secret défense et révélés par la presse (Le journal Washington Post). Ce document met en évidence des faits cachés à l’opinion publique américaine sur la situation durant la guerre du Vietnam, et montre un double discours des administrations américaines. Cette histoire débouchera sur le scandale du Watergate et la démission du président des Etats-Unis, Richard Nixon. Une excellente occasion de réviser le programme de questions contemporaines, et d’histoire.

Achetez ce film ICI

L’espion qui venait du froid, film de M. Ritt

Ce film est tiré du roman (du même titre) de John Le Carré. Il se passe pendant la guerre froide et illustre parfaitement l’univers de l’espionnage, du contre-espionnage et des services secrets. Il traite de la manipulation d’un agent britannique à des fins de contre-espionnage. Je vous conseille de lire le livre qui est considéré comme un des chefs d’œuvre en termes de romans policiers et d’espionnage.

Achetez le livre ICI

Achetez le film ICI

Les hommes du président, film d’A. J. Pakula

Ce film est un classique de l’histoire du cinéma, avec 4 oscars remportés, et deux acteurs mythiques, Dustin Hoffman et Robert Redford. Il traite du scandale du Watergate et raconte l’enquête des deux journalistes du Washington Post ayant enquêté sur cette affaire et ayant remonté la piste du plus grand scandale politique des Etats-Unis.

Achetez le film ICI.

La vie des autres, film de F. H. von Donnersmarck

C’est un très joli film qui traite de l’espionnage par un agent de la Stasi d’un couple d’artiste est-allemand. Peu à peu, l’officier allemand chargé de la surveillance du couple va en réalité protéger l’homme qu’il est censé espionner en falsifiant ses rapports. Une illustration intéressante des systèmes de surveillance dans des sociétés autoritaires, et une très jolie fin.

Achetez le film ICI.

Les films, documentaires et séries sur le thème « Le numérique »

Nothing to hide, documentaire de Marc Meillassoux

Ce film documentaire franco-allemand, évoque le sujet de la surveillance de masse. Il utilise l’exemple d’un homme Mister X et montre les données et informations personnelles qu’on peut retirer de son ordinateur, services en ligne, applications mobiles etc. Ce documentaire cherche à battre en brèche l’argument souvent avancé du « Je n’ai rien à cacher ». Ce film peut également servir à illustrer les intrusions dans la vie privée (pour le thème du secret).

The social Network, film de D. Fincher

Le film raconte la création du réseau social Facebook par Mark Zuckerberg. Il est adapté du livre La revanche d’un solitaire – la véritable histoire du fondateur de Facebook. Son slogan illustre le thème du film, « on ne peut pas avoir 500 millions d’amis sans se faire quelques ennemis » et montre les coulisses de la création de l’entreprise.

Achetez le livre ICI

Achetez le film ICI

Ready Player One, film de S. Spielberg

Le film est l’adaptation du roman d’Ernest Cline, Player One. Il s’agit d’une dystopie (récit d’anticipation sociale décrivant une société terrifiante). Un système mondial de réalité virtuelle, l’OASIS, est devenu une société virtuelle. Son fondateur et créateur annonce qu’il léguera sa société et sa fortune à la personne qui trouvera l’easter egg caché dans l’oasis. Une course s’engage alors.

Achetez le livre ICI

Achetez le film ICI

Big Data, les nouveaux devins, enquête de François Lescalier (ARTE)

Ce documentaire décrit une innovation majeure impactant tous les domaines du numérique et de nos vies actuelles, Le Big Data (littéralement les « grosses données » : les méthodologies d’exploitation des données). Cette innovation constitue certainement une évolution majeure du numérique, actuellement en cours. Le reportage est accessible sur You-Tube

Citizenfour, documentaire de L. Poitras

Ce documentaire traite des révélations d’ Edward Snowden sur le scandale d’espionnage mondial de la NSA. Ce documentaire a reçu de nombreuses récompenses. Il décrit le système de surveillance mondiale généralisé. Sur ce sujet, je vous conseille également le livre Google contre Wikileaks. Comme toutes les références liées aux révélations au sujet de la NSA, ce film illustre un danger du numérique, mais peut également illustrer le thème du « Secret ».

Achetez le film ICI

Achetez le livre ICI